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Pour lui, nul athanor rougeoyant d’un feu d’enfer.
C’est un pétrisseur d’âme avant d’être un sorcier aux mains expertes,
psalmodiant de gestes plein de fougue, d’incantatoires coups de pinceau.
Patientez, orgueilleux regards, déjà ivres de voir l’œuvre se mirer dans vos prunelles.
Patientez, humbles déesses qui n’ont pour nudité que le souffle de l’écume sur vos corps diaphanes, courbes de coton ou formes nouées dans le vent.
Que sont sept nuitées, immortelles et pourtant si furtives, pour découvrir, sorti du limon d’une âme enfiévrée, le fruit dévorant d’un golem pourtant tellement achevé ou d’un Léviathan qui n’aurait trouvé sa force que dans l’éclat de vos yeux ?
Oui, comme le golem, tes yeux ont vu !
Le tableau apparait enfin. Philosculpture pétrie de dévotion et de désespérance tout à la fois. Le maître aux révélantes mains a achevé son œuvre.
Avec fièvre ? Avec humilité ? Il importe peu.
L’œuvre est captive. Alors, il est temps de fermer le tableau. La maçération continue. L’achevé n’est qu’au bout de l’Eternité.
Transfigurations aux confins des Non Temps, des ténèbres et des trépidations urbaines !
Sept jours et sept nuits qui, dans leur apparente éternité se suffisent
Pour redonner un lustre, sinon au monde vil et anémié, tout du moins à celle qui implorait l’éternité sans savoir que le proche lendemain serait sa renaissance.
Non temps ? Non vie ? Non être ? Enseveli sous une brume d’apparences, l’hermaphrodite émerge, tel la Vénus de Botticelli, de sa conque d’Espérance.
Hermaphrodite fragile, si délicat.
Tandis que la lune caresse de ses pâles rayons, l’Alchimiste reprend son chemin souterrain, happé par son devoir grandiose. Les seuls devoirs qu’il s’est imposé ;
Elle a repris le chemin de la maison, d’un humble palais où se mêle les rudes replis du temps passé et la lumière à peine perceptible d’un lendemain probable mais encore si incertain.
Combien de jours, combien de nuits se sont écoulés.
Transfiguration, transmutation. Allitération de l’instant et de la chair. Peu importe. Chrysalide elle est devenue. Il est temps d’un nouvel éveil.
Tout semble pur, tout semble irréel. A qui appartient ce babillement d’enfant qui résonne comme un écho dans le grenier des souvenirs, parmi les jouets d’antan, juste un peu arrangés pour l’histoire ? Alchimie !
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