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Tu peux toujours courir....

le jeudi 07 avril 2005, à 16:28. Posté par Michel (auteur : Michel Liotard)







    Médiocres instants, où l’on est tout seul, d’autres quelquefois, où l’on est
    nombreux, mais autant de cœurs, dessous chaque gueule, et du cinéma, pour faire sérieux.
    Des pulsions d’amour, qui restent muettes, comme tant de freins, comme tant de peurs.
    Mais qui donc viendra, quel divin prophète, qui provoquera enfin des
    clameurs ?

    Mais moi je suis amer parce que je ne sais pas, je ne sais plus. Toutes ces
    fuites, tous ces divorces, toutes ces démissions.
    Je croyais que l’amour était un dieu puissant, et puis voilà qu’il n’est qu’
    à dimension humaine.
    Sale trahison !
    Mais non, dit le héron au marabout songeur, car si tu fais le con tu n’es qu
    ‘un ravageur.

    Et puis la solitude, qui peut serrer la gorge, mais moi je la connais, j’ai
    appris à l’aimer, on s’y frotte on s’y forge, c’est comme une habitude.
    Ce que l’on a pris, ce que l’on a eu, et toutes les peines et toutes les
    joies.
    Voilà où nous mène d’avoir cru tout bon dans un monde froid. Puisse-t-il y
    avoir un dernier berger, un incorruptible qui puisse tout voir. Un espoir
    sensé, un effet terrible.

    Je me souviens; il y a des histoires qui sont belles. Belles et puissantes.
    Orientées vers la vie. Et puis d’autres qui sont lamentables, des échecs
    cuisants, des illusions bafouées, qui nous font dire que l’amour n’existe
    pas. Que c’est un rêve.
    Les souvenirs sont chers, il faut des ingrédients, mais pour dernier refuge ils nous ouvrent les bras.
    Et alors ?, que faire de ces restes si plus rien n’est nouveau ? Que faire
    du présent, et puis de l’avenir ? De ses plus beaux préceptes, que faire de la vie ?

    *

    Nos plus belles chansons seront mortes avortées ?
    Tous nos élans d’amour seraient anéantis, et cette chère histoire, de l’
    homme délabré, dépravé, faible et tout, pour n’avoir pas trouvé la force
    aura trouvé la mort.

    Mais où vont ces cris, où vont-ils se perdre, dans quel fond d’oreille, dans
    quel fond de cœur ?
    La vélocité des choses, parfois, fait tiquer des rois, fait pleurer des
    reines, dans l’événement, quelque chose à peine, qui fait s’écrouler l’
    incompréhension.
    Si certains secrets sont dissimulés, d’autres sont plus simples, et plus
    accessibles ; la moisson toujours sera récoltée, ou bien c’est foutu, ou c’
    est disponible.

    Quel triste décor, pour faire des fêtes, et quels tristes acteurs, drôles
    alchimistes, qui tirent les fils, fauves d’opérette, qui jouent du pouvoir
    en brouillant les pistes.
    Et puis tout cela qui passe au-dessus, de nos têtes pleines ou vides selon,
    nos desseins d’espoir, musique ingénue, quelques mots d’amour pour quelques chansons.


    Loquace paradoxe enveloppé de près, tout est là, qui attend d’être heureux et de rire, puis tant de dispersions, de produits de regret, tant que file le temps que l’on oublie de vivre.
    Que faire d’essentiel ?, question préexistante !
    Quelle infime planète, que de lourdes questions !
    Que d’histoires d’amour, de romances obsédantes, et de secrets non-lus
    sacrifiés au pilon !

    Que dire de toujours et demain de certain ? Que dire de cela, de ces mots entendus, d’utiles expériences placées sur le chemin, et des mots entendus combien se sont perdus ?
    Ils sont impressionnants, quelquefois, les regrets, temps perdu pour
    toujours et retour interdit ; comme ce qui fut bon fut exquis, oh ! sacré !
    Et comme l’on se perd voilà que l’on sourit.
    Combien de comédiens, combien de comédies, de marins qui s’en vont, pour un jour revenir, combien à être francs et sincères ici, pour être de ce jour de ce monde, et mourir.
    Et de tout regarder, et de tout compliquer, l’extérieur, l’extérieur, tout
    ce qui n’est pas moi, ce monde étrange et fou, qu’il me faut traverser,
    assumer, et varier le poids.
    L’extérieur toujours plus, des yeux qui s’agrandissent, tandis qu’à l’
    intérieur l’énergie est discrète. Mais puissante.
    Et l’océan d’ici fait des vagues et se plisse, le soleil y est chaud, il s’y
    passe des fêtes.
    Mais des portes et des portes, sans cesse, infinies, qui se tiennent bien
    closes en craignant l’effraction, des « j’ose pas », « j’ai peur », des mots
    bien établis, des couloirs pleins de portes qui disent non et non.






    Thème: La vérité


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