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Lafayette revisité (1757-1834)

le mardi 07 juillet 2015, à 18:35. Posté par Michel Ernest


Dans ma galerie de portraits
S'il est une grande vedette
Qui doit figurer au sommet
C'est bien monsieur de Lafayette

Et la galerie, Lafayette
Il ne l'amusait pas vraiment
En conduisant à la baguette
Ses troupes durant quarante ans

Gilbert est né en Haute-Loire
En mil sept cent cinquante sept
D'un colonel en pleine gloire :
Motier, marquis de La Fayette

Treize ans plus tard, cruel destin
Le père se fait transpercer
Par un coup de canon Prussien
Le laissant unique héritier

On le fait monter à Paris
Marcher dans les pas du papa
Comme élève à la compagnie
Des mousquetaires noirs du roi

A dix-sept ans, il épousaille
La fillotte du duc d'Ayen
Marie Françoise de Noailles
Qu'il trompe du soir et matin

Officier de cavalerie
A vingt ans, il est passionné
Par les anciennes colonies
Qui réclament leur liberté

Alors malgré l'avis du roi
Et celui de ses beaux-parents
Embarquant sur La Victoria
Il part pour l'autre continent

Il veut vaincre les Britanniques
Qui harcèlent les insurgés
Liant le sort de l'Amérique
Au bonheur de l'humanité

Il combat si bien les Anglais
Avec l'armée continentale
Que par un vote du Congrès
Il est fait major-général

Ami de George Washington
Il est si populaire en France
Que Louis XVI et les autochtones
Ratifient un traité d'alliance

Revenu au pays natal
Gilbert, militaire avisé
Supplie son altesse royale
De lui fournir un corps d'armée

Lorsqu'il retourne en Amérique
A bord de la célèbre Hermione
Sa troupe se montre héroïque
A la bataille de Yorktown

En mil sept cent quatre vingt-trois
C'est avec une joie immense
Que Washington l'accueillera
Pour célébrer l'indépendance

Quand vient le vingt-deux vendémiaire
Il chérit la Révolution
Oui mais les révolutionnaires
Le trouvent un peu trop noblaillon

Aussi un jour de grande fête
Devant le peuple il perd la boule
Craignant une salle défaite
Las, il fait tirer sur la foule

Déclaré traitre à la nation
Pour éviter la guillotine
Il quitte la Révolution
Par une route clandestine

Il est arrêté aussitôt
Par les Autrichiens à l'affût
Qui sentent en notre héros
Un dangereux individu

Incarcéré à Magdebourg
Puis exilé durant cinq ans
Au pays, il est de retour
Très diminué physiquement

Il se retire dans la Brie
Âgé de quarante-cinq ans
Il reste éloigné de Paris
Et de l'Empereur qu'il pourfend

Mais avec la Restauration
Il est déçu par Louis XVIII
Puis déçu par Napoléon
Dans l'opposition il milite

Jusqu'en l'an mil huit cent vingt-quatre
Il est député de la Brie
Lorsqu'un inconnu vient le battre
Il part pour les Etats-Unis

Là-bas c'est un enchaînement
De festivités et d'hommages
Accueilli par le président
Il est sur un petit nuage

De retour il est réélu
Et d'une fougue aventureuse
Il participe à corps perdu
Avec Gavroche aux trois Glorieuses

Quand le roi Charles X abdique
Le trône étant en déshérence
D'une nouvelle république
On lui offre la présidence

Mais ayant soixante-quinze ans
La fonction lui posant problème
A Louis-Philippe d'Orléans
Il laisse le pouvoir suprême

Lafayette meurt à Paris
Peu après ces vicissitudes
Bénéficiant dans son pays
D'une royale ingratitude

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