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Serfs des temps modernes ( Agrippa )

le mercredi 08 juillet 2015, à 19:30. Posté par COLLECTIF (auteur : Agrippa)






Quand viendra cette aube où, les joues creuses,
Les mains remplies d’habitudes froissées, le geste lourd,
Vous verrez en ces terres peuplées d’ennui
S’évanouir la sueur de leurs fronts tourmentés,
Celle par qui leurs ancêtres donnèrent vie
Et le désir de vivre malgré leur désastre.
Quand finira cet acharnement humain
Celui de bafouer la dignité de l’homme ?
Révolution, révolution, qu’as tu fait
De tes sans culotte, n’entends tu pas, effarée,
Leurs cris désespérés, ces cadences infernales,
Ces corps fourbus aux regards inquiets,
N’entends tu pas hurler les grande citées fumantes,
Cette jeunesse asservie que l’on achève
A coup de désespoir et qui vieillit bien jeune.
Vois tu leur avenir sombre et obscur
Se dissoudre au fond des usines crachant au ciel,
Qui n’entend pas, leur fumée noire nauséabonde
Jetant leur ombre malfaisante et sans mémoire
Dans les décombres de vieux tombeaux prolétaires.
Fermez donc nos usines, braves gens, fermez donc
Ces théâtres d’ou s’évaporent vos sous parfumés
De la sueur encore tiède que vous méprisez.
Ne vous souciez pas de ces pauvres âmes,
Ces tas de chair et d’os, gesticulants, amers,
Ces morts de faim, ces somnambules tristes,
Titubants, qui tendent leurs mains creusées
De tant et tant de désillusions funestes.
Leur cœur s’est tari de larmes depuis longtemps,
Elles se sont échouées dans les rues tristes, pavées
D’incertitude, elles s’amassent en un fleuve
De rancune qui sommeille dans les ventres creux
Et un jour, aux lamentations des peuples asservis,
Aux lassitudes des habitudes infécondes,
Par le sang et le fracas, l’homme à genoux
Redonnera à l’humanité sa dignité.


Agrippa
http://www.mespoemes.net/cauria







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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le mercredi 08 juillet 2015, à 20:54
Il ya dans ce poèmes des accents qui ne trompent pas. L'indignation , la colère, le dégoût sontréels. On y retrouve un peu de la grandeur hugolienne.

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