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Mirabeau c'est tout un symbole
Héros de la Révolution
C'est le seul parmi ses idoles
Qui soit mort sous son édredon
Mirabeau est né d'un marquis
Dans un lieu nommé Le Bignon
Son vrai nom c'est De Riqueti
Et Gabriel est son prénom
Ses ancêtres sont de Provence
Mais Paris devait leur manquer
C'est pourquoi en Île-de-France
Peu-à-peu ils sont arrivés
Gabriel, Gaby, vais-je dire
Pour donner plus d'intimité
A tous ceux qui n'aiment pas lire
Mais qui aiment bien rigoler
Le Gaby était vraiment moche
C'est l'avis de Victor Hugo
D'après le père de Gavroche
Mirabeau n'était pas très beau
Il avait une tête énorme
Et deux grandes dents de lapin
Ses jambes étaient si difformes
Qu'il faisait peur à ses copains
A trois ans il a la variole
Que ne soigne pas ses parents
Même que son père en rigole
En l'appelant "sieur l'ouragan"
C'est à la fac d'Aix-en-Provence
Que Gaby étudie le droit
Mais il adore tant la France
Qu'il rejoint les armées du roi
Sauf qu'il ne fait guère de guerre
Car il est viré sur le champ
Moins pour ses mauvaises manières
Que pour ses maints soucis d'argent
Pour y remédier il épouse
La fille d'un puissant marquis
Ce qui l'éloigne des partouzes
Mais le rapproche de l'ennui
Alors il poursuit ses errances
Il courre la gueuse et s'endette
Jusqu'à ce que son père en transe
Demande au prévôt qu'on l'arrête
Emprisonné au château d'If
Comme le fût Monte-Cristo
Tous ses créanciers se rebiffent
Et font le siège du château
Lors on le transfère à Vincennes
Comme le fût le duc d'Enghien
Et au bout d'une ou deux semaines
Il fût mis en Joux un matin
Au pays de Joux, je veux dire
Tout là-bas, en Franche-Comté
Où le Mirabeau va séduire
Le gouverneur de Pontarlier
Le jour du sacre de Louis XVI
Il traîne dans les rues de Dole
Il drague une comtesse obèse
Par le poids et par le pactole
Cette grosse femme adultère
C'est la jeune épouse du comte
Président presque octogénaire
Chargé de la Chambre des comptes
Les tourtereaux se font la belle
Poursuivis par le vieux mari
Mais très vite les deux rebelles
Aux Pays-Bas se réfugient
S'ils sont sauvés de la vindicte
Ils n'en font pas moins la grimace
Quand ils apprennent le verdict
D'un jugement par contumace
On les attrape à Amsterdam
Puis on les ramène à Paris
Au couvent est placée la dame
Au donjon est remis Gaby
Au bout de trois ans, il est libre
Il s'en va voir sa dulcinée
Et bien que pour lui son cœur vibre
Elle désire l'oublier
Lorsque vient l'heure du divorce
D'avec sa femme légitime
Il plaide d'une telle force
Qu'il se fait passer pour victime
C'est là qu'on voit son éloquence
Sa puissance de conviction
Sa science de l'impertinence
Son art de noyer le poisson
Le grand Talleyrand le remarque
Et lui confie une mission
Mais à l'insu de son monarque
Qui n'apprécie pas le larron
Mais la prise de la Bastille
Sonne l'heure de son rachat
Il est nommé par la patrie
Député de son Tiers-État
L'assemblée est vite dissoute
L'armée fait évacuer les lieux
Lorsque Mirabeau s'arqueboute
Et lance ses mots audacieux
Les gens lui crient: "Vive l'hercule
L'hercule de la liberté !"
Et de couvrir de ridicule
Les gens qui l'ont emprisonné
Quand la monarchie se dégrade
Quand la révolte s'amplifie
Gaby devient le camarade
De ses anciens ennemis
Quand la Révolution Française
A Paris redouble d'efforts
Il conseille le roi Louis XVI
Qui le rémunère à prix d'or
En mil sept cent quatre-vingt onze
Un matin d'avril sous la pluie
Au son de la cloche de bronze
De Saint-Eustache de Paris
S'en va le cortège funèbre
De Gaby, mort soudainement
Rejoindre d'autres morts célèbres
Au Panthéon, quand on apprend
Que Mirabeau, le patriote
A fricoté avec le roi
Lors, sa dépouille, on l'escamote
Contre celle du sieur Marat
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