|
Après le paysage
Quelle que soit la courbe du talus,
le vent a des gestes sûrs
quand il verse dans nos bras
les embruns de sa voix,
les pistils, les questions,
les lichens, les cailloux,
sans parler de l'exil
qui remâche ses ronces.
Sur nos pas qui festonnent
des bulles et des nuages,
nos efforts d'éternité
assemblent les récits
endormis sous la glaise.
Même en marchant
sur les toits et les eaux,
cet air brun
qu'on n'entend pas
ressasse des secrets.
Il a appris des arbres
le vol délicat
des premiers étés.
Il s'assoupit souvent
en déchiffrant les mûres.
En d'innombrables trous
respire le langage.
Il fredonne et se hisse,
il fait et défait,
défait et refait,
mais toujours il se réjouit
de déborder,
d'être debout.
Brigitte Broc
|