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On a chanté "Les Parisiennes"
Comme dirait Luis Mariano
On a failli voir "L'Arlésienne"
Avec monsieur Ernest Guiraud
On a aimé "La Paimpolaise"
Grâce aux amoureux de la ville
On vibre sur "La Marseillaise"
Grâce à monsieur Rouget de L'Isle
Rouget de L'Isle n'est pas de Lille
D'ailleurs seul Rouget est son nom
Mais rouge il l'est, et qui rutile
Au niveau de ses opinions
Cette famille est du Jura
Où le père exerce au bailliage
Le noble métier d'avocat
Et la musique, en héritage
Ainsi est né Claude Joseph
Entre la justice et l'arpège
Mais le grand mélomane en chef
Désire en faire un grand stratège
Or pour être grand militaire
Il faut arborer un blason
Fort heureusement son grand-père
Avait "De L'Isle" dans son nom
Après l'École militaire
Il entre à l'École royale
Du génie civil, à Mézières
Où il étudie non sans mal
Il est sous-lieutenant quand même
En mil sept cent quatre-vingt-deux
Et mène une vie de bohème
Sous son bel uniforme bleu
C'est le Don Juan de la caserne
Le tombeur de la garnison
Le maître de la baliverne
Le roi des coureurs de jupons
A l'ère révolutionnaire
Il est capitaine à Strasbourg
Et c'est sur des chants militaires
Dès ce moment qu'il fait sa cour
Quand l'Assemblée législative
Déclare la guerre à l'Autriche
Une vaillante initiative
Est prise par le sieur Dietrich :
"Nous aimerions, monsieur de L'Isle
Que vous trouviez pour nos soldats
Un chant cocardier et viril
Pour remplacer le "Ça ira !"
Alors Claude Joseph recherche
Une source d'inspiration
Lorsque la rue lui tend la perche
Par une affiche à l'abandon
Le texte disait en substance :
"Notre étendard est déployé
"Allons aux frontières de France
"Le jour de gloire est arrivé !"
Ça me rappelle quelque chose
Que l'on chante encore aujourd'hui
Debout pour défendre une cause
Le pays, le foot, le rugby
Cette chanson, "La Marseillaise"
Chant de guerre à l'armée du Rhin
Tous l'ont aimée, à part Louis XVI
Et, ça c'est sûr, les Autrichiens
Bientôt quand retombe la fièvre
Lorsque la patrie est sauvée
Son chant a disparu des lèvres
D'ailleurs Rouget est destitué
On punit son indiscipline
D'avoir pris parti pour le roi
Il échappe à la guillotine
Pendant la Terreur, en l'an trois
Tout le monde se rabiboche
En vue d'affronter les Chouans
Pour lesquels il se sent plus proche
Que de Hoche, son commandant
En mil sept cent quatre-vingt-seize
Après une courte carrière
Il ne se sent plus très à l'aise
Dans ses habits de militaire
Vers sa Franche-Comté natale
Il choisit de s'en retourner
Bien qu'à la Fête nationale
Chaque année sa chanson soit jouée
Il vit des années difficiles
Au centre de Lons-le-Saunier
Un jour, il doit quitter la ville
Car il est tout à fait ruiné
Établi comme locataire
À Paris, près de l'Odéon
Il tente bien de se refaire
En critiquant Napoléon
Puis il écrit des chants semblables
À son succès "La Marseillaise"
Mais ceux-ci sont insupportables
Aux frères cadets de Louis XVI
Bientôt il croule sous les dettes
Et doit vendre tous ses acquis
En prison pour toute retraite
Il couche à Sainte-Pélagie
Sa dure peine, à peine, dure
Car au bout de quatre ans, le roi
Qu'il qualifiait de "sang impur"
Prend pitié de son triste état
Il le soustrait à son malheur
Et lui permet de vivoter
Grâce à une Légion d'honneur
Par laquelle il est pensionné
Lui, pour qui dans le temps jadis
La Révolution fut son choix
En l'an mil huit cent trente-six
Il trépasse à Choisy-le-Roi
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