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Descartes revisité (1596-1650)

le vendredi 24 juillet 2015, à 16:27. Posté par Michel Ernest


    Je pense qu'écrire un poème
    Sur Descartes, c'est inédit
    Et comme il le disait lui-même
    "Si je pense, c'est que je suis"

    En mil cinq cent quatre-vingt seize
    Notre héros naît à La Haye
    Non pas dans la ville Hollandaise
    Mais près de La Roche-Posay

    Il est le fils de Joachim[e]
    Joachain, diront quelques-uns
    Je ne suis pas assez intime
    Pour donner raison à quelqu'un

    Jeanne Brochard, sa pauvre mère
    Meurt quand il a quatorze mois
    En mettant au monde son frère
    Qui, hélas, ne survivra pas

    Remis de cette catastrophe
    Le père élève à sa façon
    René, son "petit philosophe"
    Tant il lui pose des questions

    À onze ans, il entre au collège
    Chez les jésuites de la Flèche
    Le père abbé qui le protège
    Le trouve brillant, mais revêche

    Il apprend les mathématiques
    La philosophie et le droit
    Et malgré ses vives critiques
    Il a son baccalauréat

    Une fois finies ses études
    René s'en va vivre à Paris
    Il écrit dans la solitude
    Quelque modeste manuscrit

    Il séjourne un an en Hollande
    Et quelques mois au Danemark
    Plus tard il assiste, in Deutschland
    Au couronnement du monarque

    C'est à Neubourg, sur le Danube
    Qu'il fait "trois songes exaltants"
    J'en ai tout le corps qui titube
    Rien qu'à l'écrire, ici présent

    Après quatre ans d'itinérance
    Il revient enfin au pays
    Avec notes et références
    Qui lui servent pour ses écrits

    Par l'héritage d'une tante
    Qu'il solde précipitamment
    Il bénéficie d'une rente
    De six mille livres par an

    Alors il repart en voyage
    Et ne revient qu'à ses trente ans
    Avec des "logos" pour bagages
    Mathématiquement parlant

    Mais c'est à la philosophie
    Que désormais, il se dédie
    Là-bas, aux Provinces-unies
    Près de La Haye, cette fois-ci

    Quand en mil six cent trente-trois
    Il voit Galilée condamné
    Brusquement il fait une croix
    Sur l'œuvre qu'il veut publier

    Quatre années plus tard il l'édite
    Sous un titre un peu plus commode
    Qui ne choque pas les élites
    C'est le "Discours de la méthode"

    Soudain, en mil six cent quarante
    Meurt sa fille nommée Francine
    Qu'il avait eu d'une servante
    Sa compagne et franche copine

    Son père peu-après s'éteint
    Vieux de soixante-dix-huit ans
    En Bretagne où jusqu'à la fin
    Il fut doyen du Parlement

    Ces disparitions rapprochées
    Sont "les grands regrets de sa vie"
    Est-ce pour cela qu'un été
    Il se consacre à l'alchimie?

    Il passe les années suivantes
    A polémiquer sans relâche
    Et ces querelles incessantes
    Jusqu'à Blaise Pascal, le fâchent

    René a cinquante-trois ans
    Il vit en Suède et imagine
    Retourner en France au printemps
    Au bras de la reine Christine

    Mais que s'est-il passé ensuite
    Qu'est-ce qui a fait que René
    Décédât d'une mort subite
    Le soir du onze février ?

    D'après les uns, René, peut-être
    Serait mort d'une pneumonie
    D'autres affirmèrent qu'un prêtre
    L'empoisonnât par une hostie

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