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Je pense qu'écrire un poème
Sur Descartes, c'est inédit
Et comme il le disait lui-même
"Si je pense, c'est que je suis"
En mil cinq cent quatre-vingt seize
Notre héros naît à La Haye
Non pas dans la ville Hollandaise
Mais près de La Roche-Posay
Il est le fils de Joachim[e]
Joachain, diront quelques-uns
Je ne suis pas assez intime
Pour donner raison à quelqu'un
Jeanne Brochard, sa pauvre mère
Meurt quand il a quatorze mois
En mettant au monde son frère
Qui, hélas, ne survivra pas
Remis de cette catastrophe
Le père élève à sa façon
René, son "petit philosophe"
Tant il lui pose des questions
À onze ans, il entre au collège
Chez les jésuites de la Flèche
Le père abbé qui le protège
Le trouve brillant, mais revêche
Il apprend les mathématiques
La philosophie et le droit
Et malgré ses vives critiques
Il a son baccalauréat
Une fois finies ses études
René s'en va vivre à Paris
Il écrit dans la solitude
Quelque modeste manuscrit
Il séjourne un an en Hollande
Et quelques mois au Danemark
Plus tard il assiste, in Deutschland
Au couronnement du monarque
C'est à Neubourg, sur le Danube
Qu'il fait "trois songes exaltants"
J'en ai tout le corps qui titube
Rien qu'à l'écrire, ici présent
Après quatre ans d'itinérance
Il revient enfin au pays
Avec notes et références
Qui lui servent pour ses écrits
Par l'héritage d'une tante
Qu'il solde précipitamment
Il bénéficie d'une rente
De six mille livres par an
Alors il repart en voyage
Et ne revient qu'à ses trente ans
Avec des "logos" pour bagages
Mathématiquement parlant
Mais c'est à la philosophie
Que désormais, il se dédie
Là-bas, aux Provinces-unies
Près de La Haye, cette fois-ci
Quand en mil six cent trente-trois
Il voit Galilée condamné
Brusquement il fait une croix
Sur l'œuvre qu'il veut publier
Quatre années plus tard il l'édite
Sous un titre un peu plus commode
Qui ne choque pas les élites
C'est le "Discours de la méthode"
Soudain, en mil six cent quarante
Meurt sa fille nommée Francine
Qu'il avait eu d'une servante
Sa compagne et franche copine
Son père peu-après s'éteint
Vieux de soixante-dix-huit ans
En Bretagne où jusqu'à la fin
Il fut doyen du Parlement
Ces disparitions rapprochées
Sont "les grands regrets de sa vie"
Est-ce pour cela qu'un été
Il se consacre à l'alchimie?
Il passe les années suivantes
A polémiquer sans relâche
Et ces querelles incessantes
Jusqu'à Blaise Pascal, le fâchent
René a cinquante-trois ans
Il vit en Suède et imagine
Retourner en France au printemps
Au bras de la reine Christine
Mais que s'est-il passé ensuite
Qu'est-ce qui a fait que René
Décédât d'une mort subite
Le soir du onze février ?
D'après les uns, René, peut-être
Serait mort d'une pneumonie
D'autres affirmèrent qu'un prêtre
L'empoisonnât par une hostie
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