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Prince invisible, il glisse entre les lames grises
Du perron de bois sec écrasé de soleil ;
Surgissant d’un ailleurs, à des heures précises,
Il ose se montrer – si je feins le sommeil...!
Je connais son parcours ; j’ai même vu dans l’herbe
Un tout petit ruisseau, nerveux, drôle, ondulant :
C’était lui ! Traversant cette fraîcheur acerbe
Pour gagner au plus vite un autre mur, brûlant…
Que va-t-il donc chercher chez Dame la voisine ?
Il refait le chemin deux ou trois fois par jour ;
Je le guette à présent, mais je dois être fine,
Si je l’observe trop, je risque un non-retour :
Méfiant, il se fige, et scrute mon visage :
Je dois baisser la tête, et détourner les yeux,
Jouer l’indifférente, et je sais que mon gage
Sera de l’oublier, l’ami mystérieux…
Il deviendra l’Absent. Une semaine passe ;
Je crois le voir, parfois, dans l’ardente chaleur,
Quand la brise m’apporte une ombre à la terrasse :
C’est lui, peut-être, ou bien la tige d’une fleur…
Domi
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