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Comme un nuage noir, un long vol de corbeaux
S'est élevé d'un champ de blé qu'il a pillé
Et le matin, soudain, au loin s'en est allé
Ainsi que le sourire aux portes des tombeaux.
Dans ce ciel obscurci monte un effet bizarre.
J'ai cette sensation qu'un malheur va venir.
Me concerne-t-il moi ? Un proche ? L'avenir
M'apparaît tout à coup enclin à la bagarre.
A l'approche de nuit, le chant de l'heure brune
Donne ce sentiment de faiblesse et remords
Quand pleurent les regrets, que renaissent les morts
Aux souvenirs surgis sous les rayons de lune.
L'azur revient pourtant avec sa transparence
Et l'été, pour le coup, en semble plus récent.
Pourquoi donc ai-je alors, instant bref mais puissant,
Senti cette amertume interpeller ma chance ?
Est-ce avertissement ? Signe prémonitoire ?
La Néante je sais, rôde là, près de moi.
Je n'en ai nulle peur, mais songe en mon émoi
Aux récits qui jamais ne verront l'écritoire.
Et j'éprouve l'envie en ma vieillesse folle
De laisser après moi l'écho de ma parole..
Je vais écrire enfin ces livres qu'on attend
Et mes rêves brisés, les livrer en l'étant.
Sur la route, en campagne, entre Saint-Brieuc et Plérin Ce 2 aout 2015
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