|
n°46
Saint-Malo, le dimanche 22 septembre 2013.
Mer et terre,
Partie première ; Petite coiffe.
Mariée demain, ton mari.
Poupée lâche, dis, bon parti,
Sang coulé, ainsi la prit,
Engrossée, déjà une vie.
Baisser tète, va à confesse,
Traînée t’es, crache patronnesse.
Serrer fallait, mieux tes fesses,
Non le tuer, maudite diablesse !
Habillée de noir fichu,
Trimer matin, soir, elle dut.
Endeuillée, son homme perdu,
Saleté, bon dieu la voulu !
Abandonnée, sans le sou,
Rejetée, le regard flou,
Épuisée, rien, dégoût,
Du passé, des mots, se fout.
Ces années, que de misère,
Couler fond, comme une pierre.
Enterrée, à même terre,
Libérée, fin du calvaire.
Patrice.
p51
n°47
Saint-Malo, le lundi 23 septembre 2013.
Mer et terre,
Partie seconde ; Grande Kermesse.
Sale temps, Oh ma Doué ! Au lavoir, cœurs en détresse.
Ces coiffes enrubannées, en châles noirs, vont à la messe.
Un cierge blanc allumé, un espoir, une promesse.
A l’horizon voiliers, sortent mouchoirs, chantent à kermesse,
Tant de nuits ont priées, ce soir, peut-être, une caresse.
Seule dut les élever, quel poids, et ce corps en laisse,
Des jours aux champs trimer, pour un toit, user jeunesse.
Encore faut remercier, ces bourgeois, mendier largesse,
Quelques sous empruntés, tout leur doit, même coups, bassesses.
Et mieux les humilier, priver droit, tuer Jaurès.
A ma grand-mère et ces pauvresses.
Patrice
.
p52
|