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Lucy (suite)
La nièce de Lucy
Mes yeux ne se lasseront jamais de ces paysages que l’été magnifie en sanctuaires de la nature, ils m’attirent et me font rêver.
Bien calé dans mon fauteuil sur la terrasse festive de mes amis Ardèchois, je fixais la paroi abrupte de la montagne blanche , à peine dérangé par les cliquetis ménagers, prélude d’une soirée prometteuse.
Notre rendez-vous chère Lucy était convenu, mais c’est avec soulagement et satisfaction que je vous ai entrevue.
L’emplacement que vous aviez retenu cette année était de qualité ; une grotte conviviale, peu exposée aux mouvements de l’air, surplombant la belle rivière, qui accordait au regard une caresse de tous les instants.
Vous n’étiez pas seule, mais accompagnée d’un petit personnage qui semblait bien heureux d’être là, sautillant infatigable à vos cotés .
Une petite nièce m’avez-vous dit, fille d’une personnalité de votre groupe.
En dehors de sa contribution ménagère, profitant de la proximité de la rivière elle s’était initiée à la pêche à la truite, vous permettant ainsi de savourer un mets peu en usage dans vos arides régions.
Vous savez chère Lucy je mesure la chance que vous m’accordez de pouvoir vous questionner .
Je souhaiterais donc votre avis sur ce que nous appelons dans nos sociétés modernes : « les élites » cette espèce pourtant humaine, minoritaire mais s’érigeant en une caste de plus en plus pesante .
Vous qui êtes notre origine , voyez vous un accident de l’évolution, une dérive ?
« Oh ! oui mon cher ! il y a eu dérive, lente et insidieuse et cette dérive s’appelle : égoïsme.
Ma communauté a ses élites désignées pour leur courage et leur capacité à commander mais leur souci reste la protection du groupe survivre, subsister tout simplement.
Ce sont certainement les gènes que nous vous avons transmis qui sont à l’origine de cette dérive vers des superflus tels la productivité, les marchés, les multinationales, le profit.
Ah ! le profit ! pour un petit nombre( surement les élites) n’est ce pas un malheur ? le symbole même de l’égoïsme ?
Mon cher petit fils la dérive je la constate depuis : « homo sapiens, sapiens » ne te sens donc pas trop coupable… »
Votre gentillesse à mon endroit ne m’a pas rassuré pour l’avenir. Vous étiez déjà promptement retournée dans l’ombre ; ce n’est pas encore cette année que je pourrai vous manifester mon affection.
Les cliquetis ménagers s’imposèrent lentement me rappelant que tout était réuni pour une belle soirée d’été.
un soir d’été à St Martin d’Ardèche - Juin 2011
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