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LA DESOBEISSANCE (La disubbidienza)

le dimanche 06 septembre 2015, à 18:12. Posté par Philip de Berg


    « L’existentialisme vrai est celui d’une certaine indifférence
    à la vie, certaine difficulté de vivre autrement que comme
    acteur, faute de se sentir soi-même, profondément et continument » (Alberto Moravia)

    Las de ces livides morsures de la vie,
    Quand les angéliques langueurs du soir couchant
    Assaillent nos cerveaux et brûlent l’envie,
    Où chercher les certitudes quand le cœur est trébuchant ?

    Le Temps efface mollement les cicatrices de nos vies.
    D’avoir tant attendu ces miroirs dociles qui ne voulaient
    Refléter notre âme et montrer le masque grimaçant de nos dérisions.
    Se perdre encore, ou s’étendre sur un tapis de fausses certitudes ?
    Ou de regrets !

    Le Destin est un guide fatal. Il nous entraîne, hagard, vers
    Un concerto de l’Adieu dont l’issue est notre impasse ?

    D’avoir trop obéi aux signes, implacables et farouches
    Que captaient notre regard.
    Et n’être que Soi. Rien que soi.
    Enfant aux rides amères, fatigué d’avoir contemplé
    La vie et d’avoir suivi le chemin , comme si c’était une
    Inéluctable fatalité.

    Ombres cruelles du monde,
    Ombres de nos nuits si noires, sans rêves
    Et s’éveiller au matin, dans le décor assourdi
    D’un regard éteint de trop vouloir mourir à soi.

    Alors, au jour d’après, vivre enfin peut-être.
    Rien qu’un instant.
    Oui, Seigneur, je ne vous demande qu’un instant.
    Désobéir, pour pouvoir pleurer ou rire après.
    Pour affronter les tempêtes. Mourir peut-être.
    Aimer aussi. Exister, certainement.
    ................................................................
    « Il avait l’élégance du pessimisme ! » *
    Mais un jour il s’envola, vers les sentiers
    De la Désobéissance. Nul ne sait s’il en revint.
    Il s’est peut-être perdu à jamais. Heureux d’être
    Ou d’avoir été, comme une flamme, éphémère !
    Et d’avoir cotoyé pour une seconde d’Eternité
    Ses rêves les plus fous.
    Exister.
    Enfin.
    A jamais.

    (* « Il avait l’élégance du pessimisme ! » : cette phrase est le qualificatif que donna un journaliste littéraire à Alberto Moravia, auteur de « La Désobéissance » - qui a inspiré ce poème - après la parution de son roman)

    (musique : « le concerto de l’Adieu", Georges Delerue)
    https://www.youtube.com/watch?v=Vu46hLLqFyI

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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
rose le dimanche 06 septembre 2015, à 18:47
Bonjour cher Philip
Et merci j'ai bien aimer...et j'aimerai lire le livre !!
De toi je m'enrichi...
Bonne soirée bisous a vous deux et a bientôt grand frère

marine le dimanche 06 septembre 2015, à 19:08
j'ai lu cela il y a si longtemps
tu sais j'ai eu le bac philo à 16 ans avec 16 et j'ai repris philo à propédeutique
mais j'ai toujours lu avec le cœur et l'expérience
écrire est une élégance dans le désastre
je t'embrasse encore car la vraie philo c'est la vie
être soi et mourir à soi

Pierre le dimanche 06 septembre 2015, à 22:04
Et être soie et mourir dans du satin,
blanc de préférence !!! Best always,

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 07 septembre 2015, à 06:52
Pour PIERRE :
"Nights in white satin
Never reaching the end
Letters I've written
Never meaning to send
Beauty I've always missed
With these eyes before
Just what the truth is
I can't say any more"
Merci pour ce rappel des "Spleeneux Grincheux" (Moody blues, ah, ah !).
Plus sérieusement, j'aime l'expression mourir à soi, elle implique une prise de conscience et une tentative de renaissance. Une des facettes ou approches de l'existentialisme ?
Je te dis à dans un mois puisque je pars jeudi matin (eh, buddy, tu te rends compte ? au programme, orgie de country & blues à Nashville : musée Johnny Cash, Music Hall of Fame...j'ai regardé sur le Net, un gigantesque lieu où tout est collector, avec....une collection de vieilles grattes à en avoir une syncope pour des passionnés comme nous ! Je prendrai plein de photos. Et bien sûr, visite des studios mythiques de Nasville ! C U, Peter et merci de m'être fidèle dans tes lectures. Philip (du célèbre groupe "Country Phil and the White Rabbits" !!!!)

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 07 septembre 2015, à 09:42
Comme je l'écrivais à ce cher Claude, sur un autre poème, j’ai eu le bonheur de rencontrer Alberto Moravia, une des plus grands écrivains italiens contemporains, sur l'Ile de Capri, un an avant sa mort. Un moment rare. Moravia parlait couramment français !
Si la notion d'existentialisme est présentée parfois de façon rebutante (et parfois genre "prise de tête intello"), j'aime la manière dont Moravia l'explique. Et qui explique un peu les jeux de rôle qu'il nous arrive de construire pour....."exister".
La phrase de Moravia en exergue de mon poème me plait beaucoup.
Pour ROSE :
Rose, ça me flatte et me touche que tu puisses penser que je t'enrichis ! Mais tu sais bien qu'une de mes citations préférée est celle de St-Exupéry : "Si tu es différent de mi, loin de me léser, tu m'enrichis".
Pour le et même les livres de Moravia, je les ai. Je te les prêterai avec grand plaisir à mon retour. C'est profond et....simple à la fois. Gros bisous. Philip.

Pour MARINE :
Oui, la vraie philo, c'est la vie : j'ai accumulé (et lu) des tas de bouquins de philo. Certains, je ne les ai pas lu jusqu'au bout (ex : l'Imaginaire de Sartre). Mais tu sais bien que j'en parle souvent, "l'école de la Vie" nous y sommes, en plein dedans, pour une longue "scolarité" jusqu'à notre dernier souffle. Un apprentissage vertigineux. La lecture, oh oui, il faut lire, quand on peut, et comme tu dis "avec le coeur", d'abord et quand tu parles de l'expérience, c'est notre capacité à confronter et comparer et toujours en retirer une leçon. Si j'ai eu la chance d'être bon à l'école (jusqu'à la fin de toutes mes études), je crois me mes résultats de "scolarité de la vie" sont, eux, assez médiocres, malgré mon rabâchage prétentiard sur un humanisme que je veux revendiquer. Bises et amitiés. Philip.

domidom le lundi 07 septembre 2015, à 22:11
Je ne connais pas, mais, rien que de t'entendre en parler donne envie de le lire, peut-être un jour, quand le temps me le permettra.....
Je suis fatiguée de toujours courir après le temps, il me devance et ça me déçois....
Bises et bon voyage...
Domie...

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