JARDIN DE LUNE

 

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LE TESTAMENT DE BILITIS (re-post)

le lundi 07 septembre 2015, à 11:41. Posté par Philip de Berg


    I - AU CHEVET DE MON ÂME

    Au chevet de mon âme passent les regrets
    Comme un serment infâme dans un sourd bosquet,
    Que ravivent au Levant l’ombre de lourds secrets.
    J’ai noyé à jamais, contournant mon tourment,
    Les rivages légers des aurores transies,
    Qu’aux vains crépuscules, aux pieux glapissements
    Répondent en pleurant, les ruines de l’Oubli.
    Ils s’en vont aux matins blêmes, les chants obscurs
    Là dans les sentiers nus, ivres des saccages
    De tous les désamours que les cieux torturent
    Comme le vent maudit ride les visages.

    Au chevet de mon âme mon cœur si repentant
    Se meurt et réclame pour éternel instant
    Un peu de la flamme de vos yeux méritants.

    Levez-vous, servantes et sans froisser le Ciel,
    Dans le silence nu des charmantes vallées,
    Regardez sans frémir le jour gourd et cruel
    Qui, mourant, vous supplie, gémissant et troublé.

    Au chevet de mon âme, je les ai vus passer
    Ces cortèges, madame, aux formes affaissées,
    Qui, sans bruit entament, une ronde angoissée.

    II – LE CREPUSCULE DES NYMPHES

    Les ruches d’armoise qui, défiant le soir
    De rumeurs sournoises qu’emportent les Titans,
    Aux frontières ternies hurlant leur désespoir,
    Blessent nos insomnies de brouillards fulgurants,
    Tandis que nos cœurs las, comme des jours sans fin,
    Se figent de trépas à s’en crever d’orgueil,
    Comme un fauve vaincu par un cruel venin
    Qui, d’un cri éperdu, s’effondre sur le seuil

    Océanides nues, aux pubescents frimas,
    Cachez-vous dans l’enfer de vos songes fatals,
    Vos homériques fards et vos tristes comas
    Sont enfin démasqués comme un souffle brutal
    Aux portes de la nuit, dans un dantesque cri
    Qui, griffant la Raison, se brise en tournoyant,
    Et m’arrache en hurlant d’un sommeil affadi
    Que mes rêves d’airain protégeaient en saignant.

    Vos cultes orphiques iront aux gris matins,
    Décorer de leurs glas les emphatiques voeux
    Que nul ne peut dédier aux rustiques festins
    Comme on donne au mendiant l’obole d’un adieu.
    Et que nos jours maudits bénissent, en sots menteurs,
    Les ruines alourdies des légendes ternies
    Que les nymphes ont tissées de leurs chants protecteurs.
    Les Panthéons brisés sont morts aux Infinis.

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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 07 septembre 2015, à 11:44
Avant mon départ, je voulais re-poster ce poème ancien, que les nouveaux liront peut-être. Il fit couler de l'encre en son temps. Il n'y a pas de message, et ne cherchez ni testament, encore moins Bilitis. Juste des assemblages de mots, un peu comme une musique contemporaine. D'ailleurs mon poème est truffé de récurrences lexicales dont j'abusais à l'époque (les Infinis, les brouillards, etc...)

domi le lundi 07 septembre 2015, à 11:53
oh, on a posté ensemble ?
je ne sais pas dire la souffrance en vers, te lire est comme un écho...
merci Phil bisous.

domidom le lundi 07 septembre 2015, à 22:20
Pourquoi les nouveaux?
Je l'ai relu avec beaucoup de plaisir...
A plus, Bises, Domie.....

jekarev le mardi 08 septembre 2015, à 04:06
Bonsoir Philip,

Belle idée que de re-poster, j'ai aimé ce moment de lecture qui m'a transporté ailleurs en me faisant traverser la nuit en compagnie de nymphes...
Amitiés

Jérôme

Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 08 septembre 2015, à 09:33
Pour DOMI :
Coucou, Domi, bah, tu sais :
1/La souffrance n'est pas ce qu'il y a de mieux à exprimer en poésie !!! (lol), il y a mieux et plus joli. Mais, le spleen favorise l'émotion dans l'écriture.
2/ Ah, quand on veut exprimer la souffrance, où à tout le moins les bobos de l'âme, il n'y a pas de recette d'écriture. Moi, j'ai mon style tout simplement. C'est vrai, pour ce dyptique poétique, lorsque je l'ai écrit, je n'avais pas noté qu'il pouvait exprimer une forme de souffrance, en filigrane, car ce poème est une pure invention, et pas très cohérent d'ailleurs.
4/ Et puis pour exprimer aussi la souffrance, ou la tristesse, il y a, pour toi et moi.....le piano, hein ? Je ne te ferai pas l'affront de te citer les compositeurs qui ont écrit ce genre de choses mélancoliques pour le clavier. Et si tu te laisses aller à l'improvisation, quelques accords mineurs, et hop, le tour est joué, c'est déjà plus triste. Gros bisous, Domi. Et belle journée. Phil.

Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 08 septembre 2015, à 11:39
Pour DOMIE (no - Domidom) :
Coucou, DomiE,
Ah, tant mieux si les "anciens" ami(e)s ont du plaisir à relire mes poèmes d'avant. J'ai toujours scrupule à reposter. Ce n'est pas interdit, mais ça prend une ligne sur la page des poèmes du jour, alors que ce sont des choses déjà postée.
Tu as donc aimé relire ce poème ???
Ah, ah.....sais-tu que c'est ce poème qui avait déclenché entre nous une petite prise de bec inutile.....car, écrit en libre et te faisant l'aveu que je l'avais vite écrit....c'est là où tu m'avais fait remarqué "que c'était dommage que je bâcle mes poèmes et qu'en les travaillant, je pourrais faire mieux" !!! Comme quoi, tu vois !
Là, ces derniers jours, je poste des poèmes totalement en libre, avant de partir, pour gagner du temps. Gros bisous, Domie. A bientôt. Philip.

Pour JEROME :
Ah, toi, Jérôme, tu fais donc partie des "nouveaux" ! Tu semblerais avoir été plus charmé par les nymphes de la deuxième partie du poème, ah, ah !
Ce dyptique poétique misait sur les associations de mots, la musique qui s'en dégageait, car je dois avouer que si ce n'est sur le plan de l'inconscient, le sens du poème n'est pas forcément clair, pour moi le premier. C'était un simple voyage au pays des mots.
Mais il y a de monumentales erreurs, comme par exemple la musicalité horripilante d'un "...jour gourd...." !
En tout cas, merci d'avoir apprécié la balade ! Amitiés. Prends soin de toi. Philip.

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