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Hank, suite. A propos du temps opportun ...
Les choses attendent leur temps, elles attendent leur bon vieux vrai temps. Cette bizarrerie d’univers est une myriade de potentialités qui, toutes, attendent leur heure, la leur, d’heure, pas celle des autres, la bonne heure … Les choses ont tout leur temps pour advenir, pour arriver, tu sais … Ce qui est destiné à advenir adviendra en son temps, au temps opportun, au temps décrété de toute éternité, c’est à dire décrété avant même l’avènement du temps. C’est à dire maintenant, dans ce maintenant qui pulse son Beat là tout de suite. Ce qui advient maintenant advient en son temps décrété de toute éternité dans le maintenant hors du temps. Les Grecs avaient un mot pour ça, tu sais, le Kairos.
Aujourd’hui et ça ne va pas aller en s’arrangeant, tout le monde est tendu, tendu vers tout à l’heure, crispé dans une frénésie d’appropriation de la suite, la suite qui soi disant promettrait du plaisir, du sens, du repos mais qui justement n’advient jamais parce qu’elle n’est pas maintenant. Maintenant ne peut advenir que si tu cesses de te tenir crispé dans une tentative d’appropriation de la suite. Sinon, c’est à jamais la suite, tout à l’heure, quand, et alors là … On est tous comme ces malheureux ânes qui avancent après une carotte en éternelle reculade.
O carotte, O connerie de carotte, o pompeuse et prétentieuse connerie de carotte, O promesse de repos, de calme, de luxe et de beauté, de volupté, de sens, de complétude, O carotte de mes deux, mensonge éhonté, insidieuse et terrible fabrication du mental froid au service du Moloch … O creuse carotte, vide, vide carotte, carotte qui ne saurait être empreinte de la moindre saveur puisqu’elle n’est pas réelle, non d’un chien, pas vraie et que le réel seul a goût, odeur, saveur, que le réel seul est promesse tenue de délices et de satiété … O foutue, foutue carotte qu’il faut carrer dans le cul venimeux du Moloch qui ne jouira même pas, flasque masse d’irréalité compulsive et contagieuse …
Ouais, cessons donc de nous tenir tendus dans notre tentative d’appropriation de la carotte imaginaire et cependant si contraignante, O carotte qui règne sur nos existences jusqu’à ce que nous dénoncions sa dictature de vide, oui, sus à la carotte, à bas la carotte ...
Ouais, on veut la révolution, le déboulonnage de la statue de la carotte … Et alors on commencera à ressusciter, à danser dans nos bandelettes, O carotte où est ta victoire ?
Les choses adviennent en leur temps, elles ont tout leur temps et leur temps est le leur , le temps de personne d’autre, le bon temps, le temps vrai, le temps approprié, le kairos, Man …
Hank
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