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Je reviens ce matin vous parler de papa
Ce ne sont que des mots et bien loin de décrire
Mon Dago, mon héros, le chef de la tribu
Ils ne reflètent que, les éclats du sourire
Qui habitait sa vie, et qui, jamais perdu
Illuminait toujours la fin de nos repas.
Et même si toujours ses cheveux en désordre
Qu’aucun peigne jamais ne sut apprivoiser
Et même si en tout, toujours, il répondait
Jamais il n’écrasait, ne cherchait à briller
Gentillesse et patience, partout avec son coeur
Il semait l’optimisme de son regard rieur
Je me rappelle aussi ces signes de la main
Que tu m’avais appris pour dire tout va bien
Ton visage cerclé par une vitre ovale
Permettait d’accéder au monde du bonheur
Où rodent les dauphins et aussi de gros squales
Qui des fois m'ont fait peur.
A travers ses photos, ses écrits ses poèmes
Il racontait sa foi en cette nature même
Qu’il retrouvait partout complexe et si sauvage
Et même s’il boitait, souvenir d’une dune, plage
D’une île merveilleuse, du temps de mon enfance
Où je fus si heureux que mon cœur en est plein
J’avais ton age ma fille toi qui écris si bien
Qui a su de ton cœur percer l’un des secrets
Cet amour pour les siens qu’il portait en son sein
Et qui perlait de lui si l’on regardait bien
Et ses oreilles enfin qu’à la mer il prêta
Afin qu’elle lui parle et soit toujours présente
Tout au fond de son âme comme on la devinait
Ce ne sont que des mots de petits gribouillages
Ils ne rendent en rien compte de l’homme qu’il était
De son amour profond des bêtes et des oiseaux
Des rochers et des pierres et des fonds sous-marin
Et partout on peut voir des traces humides de sel
Anémones de mer, coraux, et coquillages
Dans ses vers, ses photos, qu’il écrivait la nuit
Les nuits où il rêvait des espaces infinis
L’espoir de replonger cet été revenait.
Premier écologiste et océanographe
C’est toi Jacques Louis Eugène
Qu’on surnomma Dago, ce qui t’allai si bien
F. Laborel
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