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A qui rêvait-il donc ce primate farouche
Qui, d'un trait de génie, exprima le premier
Le début difficile et maladroite touche
De l'esquisse menant à l'art de dessiner ?
Quel était celui-là qui, en tirant un son
De son gosier blessé, inventa la parole ?
Passant du grognement quand la bête s'affole
Au bruit ainsi produit pour dire l'intention.
On ne saura jamais quel était celui-là
Qui, mariant les sons, s'inventa des images.
Le tout premier poète. Et qui l'assassina
Pour être différent et condamné des sages .
Que pouvait-il penser ce très lointain ancêtre
En voyant le soleil au-desssus d'un menhir,
Le prenant pour un dieu -qui le tuerait peut-être-
Que pouvait-il penser de ces temps à venir ?
Parfois, l'homme aujourd'hui, niant ses origines,
A tendance à penser qu'il est, lui, tout puissant.
Il cherche à renier ses anciennes racines
Et les traces menant aux singes, nos parents.
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