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Mon beau pays de rêve et pierre
où s'amarrent les souvenirs,
ancre en mon coeur la survivance
du temps qui parlait d'avenir.
Et dans les yeux de tes enfants rayonne encore un soleil d'or.
Mon dur pays d'arbres, de sel,
où le vent mène la cadence,
la bacchanale de Satan
se heurte aux portes de l'enfance.
Et dans la voix de tes marins on entend pleurer le silence.
Mon vieux pays d'ombre et lumière
où les feux du Ponant allument
l'éternité de haute mer
et la constante de l'absence.
Et sur les bras noueux des hommes saignent souvent des veines bleues.
Mon doux pays de ciel et terre
à la tendresse familière,
tu gis, allongé sur la mer,
comme un grand reposoir fleuri.
Et de la bouche de tes femmes montent des mots de paradis.
O ma terre du bout du monde,
gardienne de l'humanité,
ta langue porte la mémoire
de l'ancestrale destinée.
Car dans le coeur de tes fidèles, peb stad a zeu digant Doué,
A-benn breman
aze emaout er-maez
an amzer er-meaz.
Car où qu'il soit de par le monde, aucun d'eux ne t'oublie jamais.
Peuplent la mer, peuplent la terre,
peuplent le monde les Bretons.
Mais jamais aucun n'oubliera
le vieux pays au loin, là-bas.
Et sous le front de tes Bretons, un rêve encore attend l'aurore.
*Breizh atao : Bretagne toujours.
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