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Enrichir les esprits demande du talent
Les jours comblés d'honneurs par un simple poème
Même si c'est flatteur, c'est plutôt bienfaisant
A travers chaque mot mon plaisir est le même
Tout semble se vêtir de blanches floraisons
De torrents écumeux, pour une allégorie
Le regard ceint de blés, j'engrange les moissons
Alors s'ouvre un palais bruissant de poésie
Auprès de mon orgueil une petite voix
Le soir me fait trembler et humblement me juge
Me rappelant souvent le zèle d'autrefois
Mais comment se couvrir sous un si beau déluge
Chaque élan de mon cœur, est de fleurs couronné
L'autel étincelant croule d'or et de soie
Ce céleste bonheur comme un bouquet sacré
Charme tranquillement mon cahier et flamboie
L'immortelle à mon front est un soleil Français
Je le dois, je le sais, à celui qui m'honore
Son nom vous est connu, sans lui point de succès
Brûlant d'un feu divin, je m'éveille à sa flore
J'ai vu l'or dans ses yeux apparaître et fleurir
Il parle et l'on entend une source enchantée
A sa plume succède un fabuleux zéphyr
Sa tendresse m'inspire et berce ma pensée
Au rythme de son luth s’ensoleille mes pas
Il réveille en mon âme une saine fortune
Doux quatrains et beaux mots, rossignols délicats
Quand il écrit "amour", je vois un clair de lune
Peut-être que son flot, cherche-t-il quelquefois
Tandis que je me perds en sa riche nature
La flamme inspiratrice au velours de mes doigts
Que sais-je donc de lui, à part cette blessure?
Bien-sur qu'à son berceau, la muse en lettres d'or
Étalait la douceur, que son regard respire
Qu'à ses pieds le printemps redoublait sans effort
C'est facile pour lui de pouvoir le décrire
Je brille auprès de lui en cueillant ses œillets
Pour ses brillants trésors il demeure un modèle
Au milieu des langueurs, j'apprends tous ses secrets
Tant ses aimables goûts annoncent l'hirondelle
Que mon pâle flambeau accompagne vos pleurs
Et jette sur vos bois l'attendrissante messe
Verse sur vos gazons des chars croulant de fleurs
Des gazouillis féconds, pour qu'avril reparaisse
Sous les rameaux fleuris, j'implore une faveur
Que l'écho du plaisir, d'une aurore poudreuse
Puisse donc prodiguer un baume à votre cœur
Si ma lyre vous console alors j'en suis heureuse
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