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Oh ! sur les décombres de la cité détruite,
Où les ondes s’ébranlent en furieuse poursuite,
La terre tremble sous la guerre qui s’enrage :
L’aube de la force, les gestes et le courage.
Une sagaie renvoie les lueurs vermeilles
Du sang qui arrose le pays des merveilles !
Mais, furtif, ce rêve s’éteint dans mes pensées
Au rythme persistant de mes verses élancées.
Hannibal ! Fils d’Hamilcar, noble de Carthage
Est-ce que le sort t’avait révélé ton partage ?
Est-ce que le sort avait prédit le bain de sang,
La fin de ta lignée, de ton rêve persan ?
Comme Alexandre avait conquis le monde,
Dans tes rêves, ton âme flânait vagabonde,
Vers les horizons inconnus, les peuples fiers,
Leur livrer bataille et pourvoir ta soif guerrière !
L’Ibérie fléchait aux armées de tes aïeux,
Grâce à la bénédiction des anciens dieux
Et partout on oyait le nom de ton peuple,
Sur la mer et les pics, dans les havres et les temples !
Longtemps luisait la gloire des fils de Tyr,
Redoutés sur les côtés pour assujettir
Les ethnies voisines et leur libre franchise
Surveillant les commerces fructueux et leur devise.
Mais une ombre révélait un futur funeste
Et qui aurait défié tes immortels gestes !
Rome – la grande ville aux blancs remparts puissants
Poussait son cri arrogant mais assourdissant
Et des lèvres des Carthaginois rassemblés
Ils déclenchèrent, sitôt, la haine endiablée !
Sagonte cédait à l’orage des attaques
Et tu pourchassais la voie vouée mais opaque,
Passant le Rhône et les Alpes sur ton progrès :
Chaque ville devait se soumettre à ton gré !
Trasimène et Trébie, Rome semblait défaite,
Emportant à Cannes la victoire parfaite !
Mais bientôt, Hannibal, l’azur de tes espoirs
Croulait sur soi-même comme un sombre soir.
Sur le Métaure mourrait Hasdrubal, ton frère,
Et tes alliés commençaient à se soustraire,
Les armées romaines débarquaient en Afrique
Te forçant à délaisser le succès magique.
Affligé par les vents néfastes à Hadrumète
Tu ressentais ton futur sous cette ombre inquiète.
« Carthago delenda est » le tracas dans l’air,
Sur le sol de Zama, l’anathème, un éclair.
Ta patrie s’embrasa dans les flammes maudites
Et tu la voyais dans ta douloureuse fuite,
Mais après longues années en grande souffrance
Sous la peine des souvenirs et de l’errance,
En Bithynie tu mourais, oh fils de Carthage,
Mais il devenait légende ton héritage !
Le Sierrois
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