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Quand je sens naître en moi le feu du cher asile
Mon luth sème l'étoile autant que le sanglot
Il suffit d'un parfum, une source, un babille
Pour que ma plume vole et devienne flambeau
Ma nature est pareille à celle des mésanges
Mon cœur bat et soupire au retour du printemps
Rien ne me fait frémir autant que l'art des anges
Que les amours plus pur que les lys odorants
Quand la mélancolie au triste bois, m'appelle
Au lieu de crier grâce en pleurant sur mon sort
Après un long chagrin, je demeure fidèle
A mon humble encrier ne connaissant point l'or
Pourtant ma coupe est pleine et mon âme céleste
Je laisse chaque esprit s'inspirer comme il veut
Car j'écris librement, d'un plumet blanc modeste
Je préfère au palais, le crépuscule en feu
Comme un papillon bleu naissant avec l'aurore
J'aime courir la plaine et suivre le ruisseau
Mourir de rêve en rêve et puis renaître encore
Ainsi que le rêveur j'ai besoin d'un berceau
Parmi l'herbe et les fleurs, loin des foudres guerrières
Dans les blés ondoyants, je ressens le bonheur
Puisqu'il faut que mon cœur retrouve les clairières
Goûter au charme pur, voila mon beau labeur
L'angélus du couchant me procure un bien-être
Ni l'attrait des concerts, ni le bruit des cités
Ne trouble la douceur de ma hutte champêtre
Sous l'empire idéal mes écrits sont lettrés
Mes yeux sont éblouis par la foi des poètes
Célèbres ou méconnus, je respire auprès d'eux
Et chacun de leurs vers précédant les tempêtes
Me parle un peu le soir de soleils merveilleux
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