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J'aimerais retourner, le temps de quelques vers
Au joli mois des fleurs, si tendre pour la vie
Revivre pour un soir, avant l'œuvre des vers
L'enfance dont la sœur est la mélancolie
M'endormir à nouveau dans un calme bosquet
En rêvant de soleil et de moissons dorées
En tenant dans la main le sublime bouquet
Si riche de parfum qu'il grise les pensées
Que de fois mon esprit goûtant aux voluptés
S'abreuvait au ruisseau de la soif authentique
Heureux de recevoir, l'odeur des foins coupés
Mais l'amoureux est seul sur son banc romantique
Là-bas vers les confins le fleuve complaisant
Ecoule avec lenteur les regrets nostalgiques
c'est bien l'effroi secret du désenchantement
Le temps est à la muse et aux colliers antiques
Un souffle de zéphyr vient effleurer mon front
Les vieux bois du Morvan miroitent comme un lustre
Devant le pourpre et l'or Je pense à Aragon
Aux textes merveilleux de ce poète illustre
Mon bonheur se soumet au doute du chagrin
Voici les mornes jours en marge de l'histoire
Tant le silence givre au voile du matin
Les mots bleus du langage inspirant la mémoire
Indifférente au froid larmoyant mon regard
J'interromps ma pensée en parcourant la plaine
Le coussin d'or promis n'est pas là par hasard
Sur le plateau désert la nature est en peine
Ce prélude à l'automne au tombeau végétal
Interroge mon âme et fane l'immortelle
Retrouvant le foyer, l'écrin sentimental
Je reçois en plein cœur l'adieu de l'hirondelle
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