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Bonjour à toutes et à tous,
Comme d’hab, pour ceux qui ne me connaîtraient pas encore, je suis Loïc, concierge de l’immeuble depuis 2010, que je co-gère depuis un an avec Lola. J’aime la chevelure de l’océan, la littérature azurée, et je relis parfois les albums des Schtroumpfs de mon fils ; en gros j’aime tout ce qui est bleu, sauf quand ça m’arrête au bord d’un rond-point pour me demander mes papiers, et j’ai beau dire que je suis poète, je suis quand même obligé de procéder à des fouilles archéologiques.
Bref. Aujourd’hui, et à cause de ma propre flemmardise à accueillir les nouveaux depuis un certain temps en les envoyant lire la page « Fonctionnement du Site » sur Avisdesmembres (je l’ai longtemps fait mais plus maintenant), je mets en public un rappel de nos règles ; ce n’est pas nouveau, mais pour ne pas simplement me répéter, je vais en plus expliquer la philo derrière chacune d’elles. Comme dans « Le Manifeste », mon tout premier écrit sur Avisdesmembres en Mai 2010, mais qui va encore le lire 5 ans et demi après ?
Ces règles, pour ceux qui nous rejoignent, sont celles qui sont validées pendant l’inscription (« Vous acceptez les termes etc. »). Lecture courte et sans douleur, vu qu’on n’en a pas beaucoup. Enfin… lecture courte quand vous vous inscrivez… Ici, préparez un café.
C’est parti.
1. La règle des deux poèmes par jour. Elle était déjà officieusement en vigueur avant même que j’arrive. Mais comme elle était officieuse, non visible à l’inscription, elle n’était pas efficace et la page des poèmes communs était envahie de contrevenants avant que je règle la chose en 2010 avec l’aide de ma co-administratrice de l’époque et de Tony, le créateur du site. Et même après, on a encore eu des champions olympiques du dépassement, avec un lauréat intergalactique qui a posté 46 poèmes en une heure en 2011 (oui, il était leste. Et c’était très joli sur la page commune, visuellement parlant, mais ce n’est pas resté longtemps). Bref, 2 poèmes par jour et par personne physique entre 00h00 et 23h59, c’est suffisant pour s’exprimer et ça n’étouffe pas les autres poètes. Je dis « par personne physique » parce que certains membres (dont je fais partie) ont plusieurs comptes ouverts sur Mespoemes et que le cumul abusif de leur utilisation dans une même journée est évidemment interdit.
2. La règle contre le style SMS. Là, j’avoue que l’inscrire officiellement était un choix purement personnel, mais on ne me l’a jamais reproché. Quand je suis arrivé en tant que membre sur le site, ct 1 gross tf, ptdr. Bref la règle nous protège des hordes de kikous de collège qui parcourent le Net à la recherche d’une cible à hanter de leur médiocrité volontaire. On a le droit de ne pas être premier de la classe en dictée, mais quand on en fait toute une culture, chez nous ça coince. Passons.
3. La règle qui interdit de se battre entre membres par poèmes interposés. Certes, la rancœur est une puissante source d’inspiration, mais… l’étaler ici en public contre une personne, chercher du soutien ou tenter de créer des clans, ça rappelle… bah, la cour du CE1 ou l’Assemblée Nationale, ce qui est pareil ; choisissez des deux l’insulte qui offense le plus. Alors si on peut éviter ! De plus, humble conseil (qui ne l’est pas du tout) : il n’y a pas mieux à faire dans la vie ?
4. La règle contre les obscénités (ici, comprendre « gros mots »), qui fleurissent encore sur bien d‘autres sites de poésie, qu’il s’agisse d’insultes en coms ou de défoulement en poèmes (les connaisseurs savent). Les deux cas existaient aussi sur Mespoemes. Seulement, c’était la première règle qui posait un cas de conscience, car j’avais vu de rares mais parlants exemples de poésie d’écorchés vifs qui, sans conteste, faisaient du très bon boulot avec des obscénités. Donc on l’a passée quand même, mais en ajoutant « les administrateurs jugeront ». Ça signifie qu’en poèmes, si c’est gratuit, facile, paresseux, ça ne passe pas (par exemple, traiter d’ « enculé » tel homme politique, peu importe qu’il en soit un, par malheur pour lui) ; mais si ça s’inscrit dans une logique narrative ou démonstrative bien pensée, si ça a une place utile dans une ambiance ou une démarche littéraires, alors pourquoi pas.
5. La règle contre les termes trop crus en poésie érotique. Là, dès le début, je disais dans le « Manifeste » en 2010 que ça se discutait aussi ; tout est une question de termes, d’accumulation dans UN poème, ou de fréquence chez UN auteur. Bien sûr on laissera passer ici et là un petit « cul », mais bon, l’idée est que si le poème va bourriner à la concasseuse ou bien que l’auteur en fait à la longue une marque de fabrique, on intervient. Il faut juste, pour ceux et celles qui ne connaissent pas le contexte de 2010, imaginer qu’on cohabitait avec des poèmes porno (pas juste érotiques, non non…) quasiment tous les jours ; ça pouvait aller jusqu’à 4-5 poèmes visibles sur la page commune (qui était plus courte qu’aujourd’hui, 20 poèmes au lieu de 30). Bien entendu ça entraînait des bagarres de goût ; de plus, en tant que prof et père d’un minot, j’avais du mal à comprendre que ça coexiste avec la présence de jeunes, voire de très jeunes inscrits du site ; alors quand j’ai eu ma chance, j’ai mis cette règle avec les autres dans le panier que j’ai proposé au créateur du site, qui les a donc rendues visibles à l’inscription.
Ici, pause : il y a trois arguments que je n’ai pas acceptés en 5 ans et que je n’accepterai jamais (et c’est reparti dans la numérotation) :
1. « Bah, avec tout le porno qu’il y a sur le Net, qu’est-ce que ça change ? « Ils » sont déjà au courant de toutes façons ». Je JURE qu’on me l’a servi. Bon, rarement ; le monde n’est pas complètement peuplé de tarés. Bref moi je dis NON, et ce sera tout sur le sujet.
2. « Mais mon poème a plu aux gens, regarde ! ». Oui, c’est possible. A trois personnes. Une fois. Ça plaira nettement moins au site entier quand il se prendra une flopée de poèmes de ce style si la modération laisse filer. Là encore je le jure, c’est d’expérience. Pas tellement la mienne, plutôt celle de modérateurs qui ont souffert à ma place et qui m’ont appris le principe : ma « prédécesseuse » ou mes copains administrateurs d’autres sites. Et je ne bluffe pas. Après, cet argument n°2 est également assez rare.
3. « Les Grands Poètes l’ont fait aussi ». Ça par contre, un super-classique du bouclier. OK. Pour faire plaisir et parce que je le sais, je vais dire « c’est vrai ». Mais comme je le mentionnais une fois de plus dans un débat récent chez Euphonie, le contexte actuel est immensément différent ; cet argument n’a, dans le cadre de Mespoemes.net, communauté publique sur Internet en 2015, aucune espèce de poids. Les Géants du Panthéon n’ont qu’à sortir de leurs tombes et venir parler ici de façon trop directe de pénétrations inventives et de dégoulinements divers : ils recevront un com ou un mail, pareil que Bébert de la rue des Cyprès.
Encore une fois, qu’il s’agisse de gros mots ou de termes érotiques, la modération du site n’est pas mormone, ni ne reçoit sa newsletter de Familles de France ; on veut juste éviter un maximum de problèmes entre membres et conserver au site un esprit différent de celui des zoos passionnels qu’on peut trouver ailleurs et où tous les débordements sont permis (ou mal gérés), et qui les transforment, peu importe l’intention initiale des membres, en foires d’empoigne où l’être humain ressuscite la Préhistoire avec les moyens modernes. Notre philosophie n’a pas que des avantages, c’est évident et on le comprend, cela dit c’est la nôtre : pour le meilleur ou pour le pire, c’est Mespoemes.net. On laisse à tous une certaine latitude, c’est promis ; mais il ne faut pas non plus tirer au fusil à pompe sur la cible de fléchettes et se plaindre ensuite que le coup soit refusé.
Quant au reste des règles non-spécifiques au site, c’est-à-dire respecter le droit français, la liste des choses à savoir est bien longue et on ne la connaît pas entièrement ; dans le cadre de Mespoemes, on pense en général au plagiat, ou bien au harcèlement moral : si quelqu’un vous persécute, on s’en occupera (gentiment ou pas, suivant sa capacité d’écoute).
Une dernière chose : on ne voit pas toujours tout, on ne nous dit pas toujours tout. Si vous estimez qu’une injustice vous est faite parce que « lui, vous ne lui avez rien dit, alors que moi » (la modératrice précédente en a mangé à tous les repas), n’hésitez pas à nous en faire part, mais en privé, c’est mieux. On n’a rien à cacher et on en parlera en public si vous insistez ; ce conseil vise juste à protéger l’ambiance du site. Donc, deux adresses mail :
[email protected] (moi)
[email protected] (Lola)
Bonne journée, bonne inspiration, et évitez les ronds-points.
Shanti.
Loïc
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