|
J'aime les vieux bouquins, ceux dont la tranche est d'or
Mon âme de rêveuse en fait toujours un culte
Sur leur robe de cuir, jamais le charme est mort
Pour nous ouvrir l'esprit une écriture occulte
Est un destin de sable au charme séducteur
Je possède un vestige, œuvre de poésie
Un livre d'autrefois, au spleen inspirateur
Au ban de chaque page ingénument fleurie
Le poète a posé les larmes de son cœur
Et chacun de ses vers, inépuisable sève
Au rythme de son encre est une blanche fleur
Ecoulant son parfum dans un vase de rêve
Ce beau livre m'est cher, j'aime le parcourir
Il parle d'un amour et puis d'un lac céleste
De zéphyrs et de flots, d'un lointain souvenir
Ce bijou en l'écrin, fabuleux, j'en atteste
Suspend mon cœur au sien, son génie a le sceau
Finement ciselé, qu'effleure une eau bénite
A Saint-Point, à Milly, son lancinant ruisseau
Avec mélancolie au vallon nous invite
Un reflet d'améthyste anime chaque mot
Le soleil du Morvan sur mon regard chemine
Et monte l'allégresse au front comme un sanglot
De ces ver inspirés qu'apposait Lamartine
|