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Brève rencontre

le samedi 10 octobre 2015, à 16:25. Posté par Pierre



    Ce n’était pas la voix d’un ange ou de Morphée
    Qui s’adressait à moi dans un parfait anglais ;
    Non, c’était une femme - ou peut-être une fée -
    Avec de grands yeux verts, des cheveux violets.

    Elle portait une chaînette à la cheville,
    Dans sa langue un piercing la faisait zozoter,
    C’était, de prime abord, une drôle de fille,
    Qui semblait ne jamais cesser de gigoter.

    On aurait pu la prendre pour une bécasse :
    Un poncho bigarré lui montait jusqu’au cou,
    Elle semblait ne pas pouvoir tenir en place,
    Parlait en soprano, gesticulait beaucoup.

    Mais cette enfant, au demeurant n’était pas laide,
    Un œil bien exercé découvrait la beauté
    Et la séduction que seulement possède
    Le grâce et le pouvoir de la féminité.

    Elle donnait l’aménité de sa jeunesse
    En pépites de joie aux rires éclatants,
    Et mordait dans la vie en véritable ogresse,
    Elle devait avoir à peine dix-huit ans.

    Elle ne fut que le hasard d’un quai de gare,
    Une rencontre brève, un rêve qui s’enfuit ;
    Un instant j’ai cru voir la lumière d’un phare
    Qui, pour me rassurer, illuminait ma nuit.

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commentaires ( 5 ) (Ajouter un commentaire)
rivaudais le samedi 10 octobre 2015, à 17:06
Pierre a un coeur de chair, des yeux bien en place et les mots qu'il faut pour faire partager son émotion (ou son trouble ?) Merci pour ce cadeau.

marine le samedi 10 octobre 2015, à 17:14
adorable
les hommes voient toujours le détail qui les émeut: une chaînette
nous regardons plutôt les yeux
tout est révélateur

domi le samedi 10 octobre 2015, à 17:48
voir au delà de la prime apparence, ton oeil exercé a su déceler "la" femme... m'étonne pas :)
merci Pierre pour cette lecture rafraichissante, bisous !

domidom le dimanche 11 octobre 2015, à 22:13
Toujours un régal de lecture, juste une petite remarque...
(Un Ange ou une femme, c'est le même chose).....
Amitiés, Domie..

louis le lundi 12 octobre 2015, à 12:02
...Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savait !
( Baudelaire)

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