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Voilà déjà longtemps que nous sommes partis,
A gauche, un bras de mer, à droite, une colline
Encadrent le chemin dans le jour qui décline
Et s’enlacent au loin, pareils à des tortis ;
Juste à côté de moi, ma voisine tricote,
Et sur la route à trous, notre autocar cahote.
Silencieusement, j’observe mes voisins,
Leurs gestes, leurs habits, les traits de leurs visages,
Ou j’admire au dehors l’attrait des paysages
Et pour passer le temps, je fais quelques dessins ;
Juste à côté de moi, ma voisine toussote,
Et sur la route à trous, notre autocar cahote.
Par la vitre, je vois l’estacade d’un port
Qui me rappelle ceux de la côte bretonne ;
Bercé par le refrain du moteur qui ronronne,
Sur la banquette arrière, un passager s’endort,
Juste à côté de moi, ma voisine chuchote,
Et sur la route à trous, notre autocar cahote.
Une petite fille assise tout au fond
D’un siège bien trop grand, cajole une poupée
Tandis que sa maman paraît préoccupée,
Elle semble être ailleurs tant son rêve est profond ;
Juste à côté de moi, ma voisine tremblote,
Et sur la route à trous, notre autocar cahote.
Assis l’un contre l’autre et se tenant la main,
Deux enfants amoureux tendrement se sourient,
Face à ces anges purs, deux religieux prient
Pour que les tourtereaux suivent le droit chemin ;
Juste à côté de moi, ma voisine est dévote,
Et sur la route à trous, notre autocar cahote.
Le soleil disparaît, la nuit tombe, il fait froid,
Les rafales de vent sont de plus en plus fortes,
Entrent à l’intérieur par les fentes des portes
Et nous glacent les pieds… Saleté de noroît !
Juste à côté de moi, ma voisine grelotte,
Et sur la route à trous, notre autocar cahote.
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