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Et nous pressons la nuit comme une grappe mûre,
Lorsque dans l’effort des amants, nous exprimons le jour.
Sur la feuille, nos plumes allaient d’une même écriture,
Puisant le feu et l’eau, en une large grammaire.
Dehors, la prophétie de la fin lentement s’accompli,
Et le temps assombri son voile sur le monde.
Alors que ce tourment agite les humeurs des océans,
Quelques embruns astrologique, nous destinent l’un à l’autre.
Mystique, la force de l’instant fait tourner nos moulins,
Et nous creusons le chemin, comme un sillon dans la farine.
Une même table garnie de pains, rassemble nos deux destinations.
Certes, il est froid ce moment où les baisers sont virtuels,
Et cette frontière, immense, qui sépare les cœurs amoureux;
Mais nos deux âmes glissent, comme des ondes sur les vents…
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