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Il vivait bienheureux, rieur, sous d’autres cieux,
Mais lorsqu’un jour survint la bête sanguinaire,
N’ayant pas d’autre choix, il fuit loin de la guerre,
Abandonnant au sort le sol de ses aïeux.
Il pensait qu’en Europe, il serait beaucoup mieux,
Que personne chez nous ne connaît la misère
Et que tout homme peut s’enrichir sans rien faire,
La flamme de l’espoir scintillait dans ses yeux.
L’accueil est plutôt froid : on le met en "réserve",
Il n’est qu’un numéro, malgré tout il conserve
Ses désirs les plus fous au creux de son sommeil.
Mais bientôt, l’évidence, il la regarde en face
Et petit à petit, son beau rêve s’efface
Car déjà dans son cœur, il pleure son soleil.
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