Poéticètoc

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Au fil du temps (Ami, te souviens-tu ?)

le vendredi 30 octobre 2015, à 09:29. Posté par Patrice


"Brisure" est inséré dans "Avec le temps" de Léo Ferré.
Double hommage, à mon Ami, à mon Maître (Souffleur de mots).


n°123

Saint-Malo, le mardi 29 octobre 2015.

Ru d’hier, rue d’Yser,

Au fil du temps, que file ce temps ! Ami, te souviens-tu ?

Du temps ou, sur des planches de bois posées sur des roues de landau, après démontage ou saccage de poussette, coupure des sangles de la partie couchage inutile, subtilisation d’un marteau perdu, épandage de clous rouillés, tordus, attention les doigts et les genoux, nous déchirions nos fonds de culottes dans des gymkhanas sur des trottoirs pas encore goudronnés, éraflant au passage murs, portes et portillons à peine montés et secs. Sans conséquence, nous étions petits !
Du temps ou, avec des balles de foin, nous construisions des châteaux de paille et pour faire technicolor, y mettions le feu, puis fuyant les ruines fumantes, assoiffés buvions direct au cul du tonneau de cidre et pompettes oubliions de refermer la chantepleure. Avec conséquence cette fois, chants et pleures, avions jurés de ne plus recommencer !
Du temps ou, avec nos pigeuses (lance-pierres) nous prenions les carreaux du hangar voisin pour une grille de bataille navale. Vrai pour les grands, nous, nous manquions encore de précision et souvent les sandows nous claquaient les doigts. Conséquence, décision des pères, enfermés une journée à la maison, calvaire pour les mères, vite libérés !
Du temps ou, à l’instar des Horaces et des Curiaces, nos ainés désignaient l’un de nous, plus petits, comme champion afin de statuer à l’issue d’un combat singulier et héroïque qui aurait le droit de s’ébattre dans le champ de blé. A remarquer qu’à près de tels affrontements, les blés étaient quelque peu couchés. Conséquence, dents branlantes mais grande dignité, heu ré-indignation paysanne !
Du temps ou, allant à la chapelle, nous jetions du haut d’un petit pont des gravillons sur les filles pour qu’elles nous remarquent. Il faut dire qu’on s’ennuyait ferme endimanché dans nos chemises blanches, nos culottes de grosses toiles grises, nos chaussettes de laine maintenues avec des élastiques qui nous coupaient la circulation sanguine et nous grattaient horriblement, nos pieds serrés dans des galoches cirées pour l’occasion. Conséquence, aucune, pas vus de nos parents, sauf du curé, trois ave maria et un notre père à réciter à genou, de quoi devenir un ange !
Du temps ou, en connaisseur et expert, le ventait-on, nous comparions la courbe du bustier blanc des filles, la douceur de leurs guiboles sous leurs jupes plissées bleues ou écossaises, socquettes blanches, sandales noires, nattes tressées, légère flagrance d’eau de rose ou de Cologne, le tout, fallait le reconnaitre, bien pimpant et propret. Conséquence, à part de petits frottis frotta, rien de sérieux !
Du temps ou, tard le soir ou le tôt le matin pour raccompagner chez elles les filles, nous, bon prince, avions fait à pied tout le tour de la ville. Rentrés, après un petit bécot, seule s’allumait alors dans les maisonnées endormies la lumière blafarde d’un frigidaire récemment acheté. Conséquence, comme quoi de petits cailloux sur leurs têtes !
Du temps ou, après nos pistes (sorties) nocturnes durant lesquelles nous nous soulagions « in the dark » dans les wasidasses des cuisines des restos de l’intra-muros, on s’écroulait fourbu et béat la tête dans les étoiles et les fesses sur des plants de rosiers. Conséquence, mal de tête et ailleurs !
Du temps ou, au petit matin sans même rentrer chez nous pour nous laver ou changer, illico nous repartions dans un car brinqueballant aux effluves de fauves (nous et les dogues) aussi parfois de relents, vers des musiques celtiques, la tête farcie de binious et de bombardes, le cœur pour ces belles coiffes enrubannées. Conséquences, incommensurables !

Parce que c’était toi ! Parce que c’était moi ! Parce qu’on était là !
Oui, te souviens-tu ? Dis, de cette rue ? Revient de loin ce temps !
Vient, vient ami ! Vient, vient Jacky ! Tiens, quelqu’un là, attend !

Patrice.

Textes en avant propos et à posteriori de Brisure dans le recueil premier ; Cent écrits en flot de mots.
p30


n°21

Saint-Malo, le dimanche 19 juin 2011.

Souffleurs de mots,

Partie première volet second ; Brisure,

A ce temps, encore, étions-nous ces gosses,
Qui, en chantant, avions-nous plaies et bosses.
Dans champs, courrions-nous, à une vie cabosse,
Car tant heureux, ne faisions-nous négoce.
Aux vents présents, lancions-nous si précoce,
Autant d'amour, roulions-nous plein carrosse.
Avec le Temps...

˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜

" Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit "

˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜

A ce temps, allions-nous aux fêtes nuits,
A pleines dents, croquions-nous nos envies.
Pleins tympans, jouions-nous bombardes de buis,
Claquant Hermine, jetions-nous tout souci.
Rubans des coiffes, embrassions-nous oh oui,
Frangeants, offrions-nous à elles nos vies.
Avec le temps...

˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜

" Avec le temps, va, tout s'en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t'as une de ces gueules
A la Galerie je farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien "

˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜

A ce temps, alors, tu étais enfant,
Quand advient cette blessure, tout ce tourment.
Qu'un vent mauvais, glace un bassin Vauban,
Au blême matin, y noie une maman.
Cet instant, te brise, rien n'est comme avant,
Ci longtemps, ses bras tend, là elle attend.
Avec le temps...

˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜

"Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus. "

" Avec le temps " de Léo Ferré : Paroles écrites et chanson composée en 1969.


˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜

Patrice.


Texte avant propos à posteriori dans Ru d'hier du recueil second.

p28

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 0 ) (Ajouter un commentaire)

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet