|
A quels rêves anciens devrait-on se dédier
Pour déployer notre âme aux horizons lointains
Quand la réalité s’acharne à répudier
Le réveil espéré d’un dessein souverain ?
Au présent qui s’accorde au regard du futur
Naissent les souvenirs et leur part de mirages
Qui viendront ouvrager des jours en clair-obscur
S’il n’est de projection qu’en d’incertains rivages.
Le temps devient ainsi complice de l’usure
Qui fait d’une vieillesse inéluctable et grise
L’empreinte résolue de l’esprit qu’elle épure
Jusqu’aux derniers sursauts du corps qui agonise.
Pour être d’avenir sans garder en conscience
Le trop plein d’illusions que la mémoire exhume,
Suffirait-il alors d’un regain de croyance
En quelques idéaux et dans ce que nous fûmes ?
Ah ! Faut-il revenir sans cesse ni répit
Aux nostalgies fanées d’une jeunesse morte
Pour exhaler du cœur, imprégné de dépit,
L’inutile déni des regrets qu’il colporte…
Ou oser un destin avant qu’ils ne l’avortent ?
|