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On dit qu'au bord d'un bois, la poétesse est reine
Qu'au soleil de ses doigts la lyre aux notes d'or
Réveille par sa voix la muse souveraine
Ainsi qu'un rossignol son chant est un trésor
Menant les archets blonds, l'âme de sa musique
nourrit par les oiseaux, par la grâce des fleurs
Le murmure des eaux, la douceur romantique
Prête à l'oreille avide un récital des chœurs
Quand l'herbe reverdie au sein de la nature
Son cœur au char léger s'attise tendrement
L'école buissonnière ambre son écriture
C'est un livre doré fait de recueillement
Qui procure au rêveur touché par la noblesse
Le frisson généreux des églantiers fleuris
En découvrant ses vers, ce chant plein d'allégresse
Le lecteur peut saisir la splendeur des rubis
Cette nymphe du soir à l'âme si sensible
Poursuit les papillons au temple des sous-bois
Le discours de la source au vallon, est sa bible
Le firmament s'étend à son cœur, à ses doigts
Inclinant son beau front qu'effleure l'eau d'un rêve
Ce don semble fleurir à l'appel du pinson
Finement ciselé, l'inépuisable sève
Est un ombreux bosquet, l'encens de sa raison
Ainsi nous savourons les fleurs de Marceline*
Trop longtemps délaissé dans un livre à fermoir
Ce vent de souvenir, que chaque main patine
Sur la table de nuit est un bel encensoir
N'attends de moi, lecteur, qu'un écrit pour le dire
Je ne suis pas Anna*, ma source est un filet
Je n'ai pas l'esprit saint, ni le feu qui m'inspire
Pour les rameaux fleuris, je ne suis qu'un bouquet
*Marceline Desbordes-Valmore
*Anna de Noailles
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