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Mon Général, je voulais vous dire. 37
Souvenez vous cette foule immense venue vous écouter cette journée d’été 1958.
C’était place des Terreaux , mon grand père était encore à mes cotés.
Nous avions admis que ce pays avait la chance de pouvoir se confier à un tel homme,
Et ainsi envisager un redressement qui semblait bien incertain.
J’avais 19 ans et encore tout imprégné de cette grande défaite de 1940.
Quatre ans avant votre retour, la France avait quitté l’Indochine.
Il me semblait que notre pays amorçait une évolution disons contraire à son immense histoire.
Les évènements d’Algérie étaient devenus inquiétants.
Cette fois encore je vous ai entendu et le retentissant : « Tous français de Dunkerque à Tamanrasset « résonne encore en moi.
A cet âge , on idéalise, et tout naturellement je me suis dit : « Si quelque chose doit être sauvé ce ne peut être que par lui ».
De là à vouloir être acteur il n’y avait qu’un pas ,que je fis.
Et la réponse se voulait forcément militaire en ces circonstances.
Je me rapprochai donc du théâtre des opérations.
Au détriment de la suite de mes études me disait, mon Père .
Il pressentait déjà le dénouement et avait encore une fois raison.
L’affaire était lancée et militaire comme beaucoup d’autres j’ai fait ce que j’avais à faire .
Vint « l’autodétermination» . Mais que faisais je donc là où je me trouvais ?
S’en suivirent les » accords d’Evian »que j’ai ressentis comme une capitulation injustifiée.
Je vous en ai voulu mon Général, tellement voulu.
Puis nous avons connu cette période trouble où les extrêmes s’affrontèrent.
Je ne fus heureusement pas attiré par eux.
Le temps passe , lisse en quelque sorte les émotions d’un moment, aussi violentes soient elles
Ceci, je pense, permet d’acquérir cette sagesse favorable à la réflexion .
La France vous a confié des tâches bien difficiles ; par deux fois vous y avez fait face,
Avec le talent et l’énergie qui vous caractérisent.
Comme toujours l’Histoire finira par juger.
Pour ce qui me concerne, « Mon Général, je voulais vous dire ; »
Que ce pays a eu tout de même la chance que vous traversiez son histoire,
Et qu’il était temps pour moi que j’aille aussi dans son sens
PT Lyon Nov 2010
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