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..................................................Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
..................................................Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
..................................................Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
..................................................Berçant notre infini sur le fini des mers.
..................................................Charles Baudelaire – L’appel du large (extrait)
Mais quand je reviendrai…
Je te rapporterai les odeurs des clairières
Où se mêle l’humus au baume des sapins,
Et celles des tilleuls qui bordent les sommières*
Lorsque de rouge et d’or, l’automne les a peints.
Je te rapporterai les perles de rosée
Qui naissent aux contours des feuilles de ronciers
Sur lesquels, au matin, la brume s’est posée
Et donne grande allure à ces buissons grossiers.
Je te rapporterai la fraîcheur de la source
Qui jaillit en riant au milieu des rochers,
Bondit, tombe en cascade et termine sa course
Dans les eaux d’un étang où rôdent les brochets.
Je te rapporterai le vent chaud des savanes
Quand il a traversé tous les grands déserts blancs
Où l’on voit sur les regs glisser les caravanes
Au rythme des chameaux majestueux et lents.
Je te rapporterai la blancheur éternelle
Des hauts massifs alpins bien trop souvent souillés,
Que l’hiver patient chaque fois renouvelle
En couchant son linceul sur les flancs endeuillés.
Je te rapporterai la beauté de la rose
Qui s’est épanouie au jardin de mon cœur ;
Une once de tendresse, oh ! ce n’est pas grand-chose !
Mais prends, je te la donne, elle est tout mon bonheur.
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*La sommière est la tranchée en forêt pour la circulation et la vidange des bois
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