Collectif

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Théorie de la fin ( Christophe Salus )

le jeudi 12 novembre 2015, à 10:35. Posté par COLLECTIF (auteur : Christophe Salus)






    THÉORIE DE LA FIN





    I - Soif


    Les troupeaux mugissant repaissaient l’herbe amère
    La pluie, en ne tombant pas, séchait les pâtis ;
    Des bêtes les jonchaient, se comptaient par centaines,

    Et la mouche grouillante à notre terre mère…




    II - Gémonies


    Que l’homme ourdisse un monde triste
    En ce miracle originel !
    Que nous trahissent les ruisseaux
    Et la mer, et l’instinct charnel !
    Que disparaisse chaque piste,
    Les soirs de calme et d’améthyste,
    Les nids aux creux roux des roseaux
    Et que meure le chant des oiseaux !

    Le ciel se couvrira de plaies
    Le sel envahira les blés
    Les glaciers ne seront qu’humeurs
    De cendres et de fer mêlés ;
    La féerie orbe où tu balaies,
    Démon, la prairie et les haies,
    Sera phosphore ! et d’un feu pur,
    Beauté vivante,
    Enfuie,
    Meurs !



    III - L’infini irrévocable -


    Moi,
    Je mourrais extraordinairement
    Un après-midi de pluie allumant,
    D’un rayon biais de photons,
    Des facettes sur les gouttes !
    - Fragmentation des déroutes -

    La vie avait, m’investissant,
    Ansé mon univers d’avec son sang ;
    Je mourrais extraordinairement !

    Sous l’ombre atone et tavelée, à ce feuillu
    Dont le murmure importun m’interpelle,
    Le réel morcelé me semble,
    Comme couvert d’une grande aile,
    Un ange qui volerait l’amble…


    - Extraordinairement mort,
    Je ne suis rien qu’un peu de sable
    Dont le sort vain, désormais stable,
    Ne raye plus l’entendement.

    Et lentement le vent me couvre
    Et l’oubli frivole me grève
    De la mémoire ivre du rêve…




    IV - Réminiscences visionnaires


    Depuis les grottes accueillantes
    Jusqu’à la voûte élevée en
    Nubie, un futur océan
    Couvait ignoblement ses lentes !

    Comme en un crâne la vermine,
    Nous formions des vagues humaines
    Jusqu’à ta contrée, ô Sirène !
    Et jusqu’aux grandes mers de Chine.

    Depuis lurette nous pillions,
    En d’ignobles us d’histrions,
    La planète comme une tête
    D’un lion dévoré de poux…

    Le souvenir de temps plus doux
    Se bonifie à la défaite ;
    Aux âges vagues d’horizons
    Vivre devient trop grand pour nous !

    Pas de prison dans ces ivraies ;
    Tout était vrai,
    C’était avant.

    Loin des abîmes et des limbes,
    Vertige, ici girait l’imaginaire,
    En amont d’une vie envolée
    Avalée
    Et violée



    V - Irruption de l’automne
    dans le poème


    Tout traîne

    Tout peine

    L’automne

    S’amène…







    VI - Dernières considérations


    Hors que n’ayant le temps de vivre,
    De suivre tout au plus quelques vers un peu mièvres
    Et déchiffrer le calligramme et l’hiéroglyphe,
    N’écrivant qu’une page au livre,
    Les ors ternis de mes secrets
    Et la tristesse, et les regrets
    Symphoniques inachevés,
    En ces sons si mal archivés
    (J’entends leur écho disparaître)
    Qu’ils n’en auraient jamais dû naître…

    Je suis Pierre, et je tombe au plein centre du gouffre !
    Frères et sœurs privés d’azur, je sais le safre, et qu’on en souffre ;
    Aux hématomes anciens de nos âmes,
    Hersés d’oxyde et de cobalt,
    Les âpres cieux, de leurs fades promesses,
    Ajoutent aux patiences ;

    Et nos cœurs transpercés.


    Christophe Salus






<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Stella le jeudi 12 novembre 2015, à 11:37
Bonjour Collectif... Merci de me faire découvrir la poésie de Christophe Salus...
Il est vrai que cela est difficile de lire tous les poètes... et c'est dans ton univers " Collectif" que je peux découvrir de nouveaux comme des anciens poètes et poétesses... Merci pour tout ce travail que ton accomplit... un travail de maître... Mais Toi... L'Amour des Mots tu connais bien trop cela pour nous faire partager les mots des autres...
C'est toujours un plaisir de venir chez Toi...
Un Grand Merci...
Amitié.
Stella.
http://www.mespoemes.net/stella/

Stella le jeudi 12 novembre 2015, à 11:42
Oups !!! ... Merci pour tout ce travail que tu accomplis...

didou le jeudi 12 novembre 2015, à 12:09
bonjour à tous et SALUS nous permet de revivre des moments d'extase de lectures
amitiés à touS didou

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet