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Je ne m'attendais pas, amis, à la fortune
Celle qui nous rassemble avec un bon plaisir
Tous les hommes ont-ils, une lampe commune?
Ce grand bonheur de voir, d'entendre et de sentir
Son cœur fondre d'envie au secret de la vie
Comme un épi naissant, que flambe le soleil
Cet immortel rayon que l'esprit purifie
Sur tout front couronné d'un talisman vermeil
Vivant au jour le jour où le destin me mène
Rien ne me réjouit autant que le terroir
J'y vis d'un grand plaisir loin de la manne humaine
Entre l'or et l'azur qui sait tant m'émouvoir
Je connais le bonheur du berger solitaire
Sous les rameaux fleuris, j'écoute le pinson
Puiser le miel du ciel, ainsi que le mystère
Pour offrir à mon cœur l'écho de sa chanson
Tout ce qui parle à l'âme, aux doigts est une harpe
Quand la tête éperdue épanche la candeur
D'un feuillet bordé d'or, qu'un printemps rose écharpe
Sur les tertres muets où pleure ma douleur
Ainsi comme un troupeau qui broute l'herbe tendre
Poètes, c'est à vous d'éclairer le chemin
Sans l'aile d'un parent chaque homme doit apprendre
Qu'il faut vivre toujours en aimant son prochain
Si le mal peut gagner la bataille est perdue
Cette France meurtrie inonde mon regard
La religion sans foi devient une verrue
Où se trouve l'amour s'il mène au corbillard
Ce qui rend le cœur bon peut rendre l'âme haute
Le ciel n'est qu'un mirage aux confins du néant
La mort une folie et la haine une faute
N'attendons pas la mort, aimons-nous maintenant.
https://youtu.be/4gXy-h2-YKQ
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