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Et cet espace, si menu
Tu peux venir
Le remplir, me remplir
L'existence n'était
Qu'une grande veine sans chaleur
Des peurs d'enfant mal consolé
La mélancolie intime d'avoir perdu
Cette infinie source d'or, d'argent
De vie, de sens
Qui à jamais marque
L'entrée dans la solitude,
Qui à jamais manque !
Cruelle épreuve, dure destinée
Lent dépouillement vers l'essence
Perte des sens.
Dans cet espace si ténu
Laisse la place au souvenir
La rue est vide ce soir,
Les fantômes jamais n'en partent
En déroute, fors si tu portes
En toi cet espoir
De tout revoir
Tout recevoir.
Ces heures t'ont forgé,
Ces années t'ont donné
Le pouvoir de passer
Outre les souffrances,
Incertitudes, vicissitudes.
Vit sans craindre la tyrannie
De tes mornes habitudes.
La rue est vide ce soir
La rue est vide sans eux
Sans leur amour discret
Sans leur inquiétude fiévreuse
Retrouve les, dans le souvenir
D'une malle éventrée
Un carton de lettres d'amour
Jaunies par ces années
Passées tout au loin de toi.
Reviens vers eux, fait leur
La grâce de les aimer
Pardonne leur ce trop plein
Trop bien gardé dans le secret
De leur pudique affection.
Garde les en ton cœur
Sans, jamais, te résigner.
L'absence viendra !
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