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Louis XII revisité (1462-1515)

le mardi 24 novembre 2015, à 10:04. Posté par Michel Ernest


Au dix-huitième siècle, ainsi qu'au dix-neuvième
Au petit écolier, si vous lui demandiez
"Donne-moi le nom du plus grand roi que tu aimes?"
Il ne dirait pas Louis XV "Le Bien-Aimé"

Mais plutôt Henri IV et Marie son épouse
Également Louis IX, qu'on surnommait "Le Saint"
Mais aussi, c'est curieux, il citerait Louis XII
Car le peuple adorait ce gracieux souverain

En l'an mil quatre cent soixante deux, à Blois
Au début de l'été, dans un château de rêve
Naît un petit bébé, aux artères de roi
De Charles d'Orléans et de Marie de Clèves

Charles d'Orléans est un vieux prince poète
Que Dieu d'un trait de plume a rayé de la vie
Alors que son enfant, à grand-peine, volette
Louis XI, son cousin, l'installe dans son nid

Louis XI a une fille appelée "La Boiteuse"
Qu'il destine au gamin quand il aura treize ans
Ainsi il peut marier sa fille laide et pieuse
Et contrôler aussi le prince d'Orléans

Quand son tuteur s'éteint, le fils prend la relève
Un certain Charles VIII, un jeune paltoquet
Et comme dans leur corps coule la même sève
Tous les deux font les quatre cents coups de mousquet

Et puis un jour lassé de cette "Guerre folle"
Le roi invite Louis, à Langeais, en Touraine
Pour sceller son union sous la grande coupole
Avec Anne appelée "La belle armoricaine"

Mais tout juste marié, les guerres recommencent
Les compères guerroient au nord de l'Italie
En quelques jours à peine, ils entrent dans Florence
Puis ils conquièrent Rome et enfin Napoli

A Novare, un beau jour, s'achève l'aventure
Car le pape Alexandre et le roi d'Aragon
Font des preux chevaliers telle déconfiture
Qu'ils perdent sur le champ toutes leurs possessions

De retour à Amboise où Charles VIII demeure
Celui-ci à cheval se rend au jeu de paume
Mais soudain dans la porte il s'encastre et puis meurt
De n'avoir pas porté, comme il se doit, un heaume

Alors c'est la panique à la cour du feu roi
Charles n'a pas d'enfant et le prince de sang
Qui doit lui succéder a convolé déjà
Car il s'agit de Jeanne et de Louis d'Orléans

Lors, pour la noble cause et la raison d'état
Alexandre, le pape, annule le mariage
Envoie Jeanne au couvent et Louis entre les bras
De la belle bretonne au tendre pucelage

En l’espace d’un an, tout est rentré dans l’ordre
Divorcé, remarié, Louis est un roi comblé
Mais lâcher l’Italie, il n’en veut point démordre
Il y doit retourner longuement guerroyer

À bientôt cinquante ans, il est un roi aimé
Par ses sujets dont il exonère la taille
C’est le Père du peuple, à l’unanimité
Pour son art de gagner de nombreuses batailles

En mil cinq cent quatorze, Anne part ad pâtres
Louis XII, fatigué, après un an de deuil
Épouse tout de même une jolie princesse
Mais ce dernier écart le conduit au cercueil

Bien plus tard ce grand roi fut loué par Voltaire
Montesquieu et l’abbé Cordier de Saint-Firmin
Pourquoi donc aujourd’hui dans les livres scolaires
Nos historiens oublient ce glorieux souverain ?

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