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RIMBAUD PERDU (Lamentations de Paul Verlaine)

le mercredi 25 novembre 2015, à 07:27. Posté par Philip de Berg


    (RE-POST)

    Fait divers :
    « Le 8 août 1873, le tribunal de Bruxelles condamne Paul Verlaine, 29 ans, à deux ans de prison, pour avoir tiré sur son amant Arthur Rimbaud, 19 ans. Ainsi s'achève la fugue tumultueuse des deux poètes».

    Verlaine, seul, dans sa prison de Mons, commence à écrire un poème. Puis il s’arrête à la première larme et déchire sa feuille de papier.

    Il avait peut-être écrit ceci :

    L’aube scintillante a envahi ma nuit
    Où mon maigre sommeil, navrant et doux linceul,
    Dans ce noir silence, sans partage et sans bruit
    S’affaisse en gémissant comme un refrain trop veule.

    Mon pauvre cœur dardait des rimes insensées,
    Tandis que le faubourg s’éveillait sans œillades,
    Et je me demandais dans cette aube blessée,
    Où se terrait encor son âme si malade.

    Je revois ta candeur et ta figure pale,
    Ton regard hasardeux quand le vin nous charmait
    De ses poisons fielleux, oublieuse rivale,
    Mais jusqu’au jour mourant ton cœur se ranimait.

    Es-tu parti, Rimbaud, vers ces noirs vestibules
    Qui tapissent nos jours d’étranges mélopées,
    Comme un combat perdu, quand le ciel se bouscule,
    Me laissant, prosterné, comme un rêve échappé……...

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commentaires ( 13 ) (Ajouter un commentaire)
domi/amimots le mercredi 25 novembre 2015, à 08:58
j'aime beaucoup beaucoup ce poème,
merci Philip !
très jolie chute "comme un rêve échappé...", comme cette fugue amoureuse, peut-être un rêve, dont le réveil fut brutal, mais vital surement...
magnifique évocation vraiment, très sensible.
grrros bisous.

euphonie0 le mercredi 25 novembre 2015, à 13:38
Coucou Philip
C'est l'âme de Verlaine qui t'a inspiré ce beau poème?
Philip tout y est dans ce poème.
Et, je suis sous le charme de tes écrits depuis quelques temps.
Et surtout ne te justifies pas comme tu dis souvent (hein) tu es un très bon conteur, poète, et tiens tiens (Martha et Malcom) pour notre cadeau de Noël de connaitre l'épilogue de cette histoire.
Gros bisous
Om
Marie

Philip (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 novembre 2015, à 13:59
Pour DOMI (Amimots) :
Nous avons discuté tout à l'heure au téléphone de la genèse de ce poème.
Peut-être est un leurre, mais essayer de se mettre dans la peau d'un personnage que l'on apprécie, dont on connait l'histoire, nous fait plonger dans des émotions réelles, et facilite l'écriture. Je dis "leurre", car comme on ne sait pas ce que pensaient les gens dont on est obligé de prendre, un instant ce que l'on sait de leur personnalité, on a de grandes chances de se tromper.. Mais comme ce n'est pas pour jouer les historiens ou les biographes, le plaisir est dans l'exercice de se dire : "tiens, dans ce douloureux épisode qu'à vécu Verlaine, poète de surcroît, comment mon âme (ou mon coeur, ou mon esprit....) aurait réagi et comment aurait écrit cela. Je n'ai en fait écrit que tu Philip, mis en condition bien sûr, par mes petits jeux émotionnels (il n'y avait pourtant pas de musique, genre Barber, ici :) ). J'étais content aussi quand tu m'as dit de vive voix que j'avais dépeint cette scène avec beaucoup de pudeur. Gros bisous, Domi.

Pour MARIE (Euphonie) :
Interdit de me justifier ? Oui, chef, j'obéis, sinon, j'en connais plusieurs qui vont me faire Grrrr !
Enfin, si depuis quelques temps tu aimes mes écrits, c'est peut-être aussi parce qu'on se connait "en vrai". C'est forcément un plus important (comme aussi se parler au téléphone), parce qu'au lieu de quelques phrases de coms (même si c'est presque quotidien), on connait mieux les gens et on devine mieux leurs sensibilités, leurs sincérités ou non. Bon, alors si je te donne une image de gentillesse et de délicatesse, je ne peux qu'être content (je ne vais pas attaquer un couplet sur mes défauts d'être humain, tu vas me disputer, je le sais).
Ah, tu voudrais comme cadeau de Noël l'épilogue de Martha/Malcom ? Comment te résister ? Mais, ça ne sera pas l'épilogue, car c'est plus long qu'une nouvelle. Alors, ton cadeau ça sera quelques épisodes de la suite et la reprise de ce mini-roman ! Gros bisous. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

domidom le mercredi 25 novembre 2015, à 20:36
Se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre n'est pas toujours évident, et pourtant, c'est vraiment réussi, car ce poème est tout simplement superbe et très émouvant....
Toujours un plaisir de te lire...
Bises, Domie...

guillaume le mercredi 25 novembre 2015, à 20:42
bonsoir phllip,très beau poème.belle inspiration vraiment.amicalement.http.//www.mes poèmes.net/funky571/

yanrevesud le mercredi 25 novembre 2015, à 22:54
Cher Philip,
moi qui ne "poétise" que depuis moins de 2 ans, je me demande comment on peut écrire "si beau"!
Superbe et BRAVO!!
Yves

PHILIP (JARDIN DE LUNE) le jeudi 26 novembre 2015, à 10:44
Pour YVES (Yanrevesud) :
Cela me fait bien sûr plaisir de lire que tu penses que j'écris "beau", je ne vais pas le nier. Une recette ? Déjà, quand on écrit un poème dont à la finale on pressent qu'il sera, non pas "beau" mais surtout émouvant, c'est que ce poème on l'a écrit avec la profondeur du coeur (et de l'âme, si on veut). Les poèmes dont je ne suis pas satisfait, quoique en principe écrit correctement, sont ceux où, un peu "à la commande" (à ma propre commande !), où je me dis "Aïe, cela fait 5 jours que je n'ai pas posté, il faut vite que j'écrive quelque chose !".
Après, je crois qu'il faut s'immerger totalement dans le décor du poème, voir le paysage, le sentir, si c'est descriptif, où, comme le laisse entendre Domie (Domidom) ci-dessus, se mettre dans la peau du personnage, s'il y en a un dans le poème, et se mettre à vivre avec lui.
Et enfin, j'écris la plupart du temps avec une musique appropriée. Tu te doute bien que l'adagio de Barber a favorisé l'écriture de mon poème sur les derniers instants de Van Gogh.
Voilà donc une recette, que tout le monde peut essayer, je pense. Amitiés, Yves. Philip.

Pour DOMIE :
Tu auras ci-dessus, dans l'explication que je donne à Yves, la réponse à ta question. Et puis, tu sais que j'aurais adoré faire du théâtre. Mais, attention, nous en discutions il y a longtemps avec Loïc, essayer de se mettre dans la peau d'un personnage ayant existé n'est pas forcément devenir ce qu'il a été en vrai. C'est pour ça que maintenant je ne dis plus que j'ai écris "à la manière de...." car nous ne serons jamais ce quelqu'un.
Voilà. Gros bisous, Domie. Philip.

Pour GUILLAUME :
Merci de ton compliment.
Pour l'inspiration, je me suis projeté dans une austère cellule de prison, comme là où fut emprisonné Verlaine et je me suis fictivement morfondu en pensant au drame que le poète avait vécu. Même si ce n'est pas ce qu'il avait vraiment vécu. Amitiés. Philip;
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

heloise le lundi 30 novembre 2015, à 14:58
oui comment savoir ?
je te livre mes anciennes réflexions

Rainbow
C’est l’arc-en-ciel
De tes voyelles
Et de tes para-dits
Artificieux
Qui hante mon Enfer
Et capture mes yeux
J’ai noyagé
Sur ton ivre bateau
Et maufragé
Dans l’île de Cythère
J’aime tes regards darnes
Et tes ithyphallismes
La laine de tes vers
Tisse dans mon cerveau
Un double je de maux
Dont ne puis me défaire

Rainbow
C’est l’arc-iris
De mon I-maginaire.

1984
et je t'embrasse

Miles le vendredi 12 mai 2017, à 19:00
Merci de me l'avoir conseillé, mais comment arrivez vous à écrire des choses aussi belles ?
"Où se terrait encore son âme si malade"... oh oui votre poème peut-être qu'il aurait pu l'écrire. peut-être étiez vous à ce moment proche de l'âme de se poète en l'écrivant. c'est vraiment un poème touchant !
merci philip.

Philip (Jardin de Lune) le samedi 13 mai 2017, à 13:50
Pour MILES :
Pour assez bien connaître la vie de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et leur poésie, cela me permet sans doute de faire la corrélation entre leur vie et leur poésie. Le reste n'est qu'exercice de style.
Je suis d'un naturel chaleureux et optimiste (malgré le côté douvent spleeneux de mes écrits !!) aussi, je pense que c'est bel et bien la connaissance de Verlaine qui m'a permis ici, d'essayer de me mettre dans sa peau, lorsqu'il déprimait au fond de sa prison de Mons.
Merci d'avoir apprécié, Miles. Amitiés. Philip.

debbie le vendredi 09 mars 2018, à 13:52
Arès la lecture de ce poème, deux mots me viennent à l’esprit Sobriété émouvante.
Il y a une certaine retenue et en même temps un côté très dramatique et mélancolique qui nous emmène à ressentir son mal être.
Ce qui fait toute la réussite de cette poésie. Tu as réussis à nous faire vivre un peu de ce moment et merci pour cela.
N’empêche que j’aurais bien aimé lire cette page déchirée… Mais qui sait ses mots étaient peut-être semblables aux tiens du moins le message que tu as fais passer. Mais qu’importe car ce que tu as écrits est très beau et c’est ça l’important.
Merci pour ce partage Philip.Ce fut un doux plaisir à lire!
Amitié poétique
Debbie
http://www.mespoemes.net/debbie/

Philip (Jardin de Lune) le samedi 10 mars 2018, à 13:23
Pour DEBBIE :
Oui, "sobriété émouvante" est une bonne expression pour qualifier, non pas spécialement mon poème, mais plutôt ce qu'était la poésie de Verlaine, moins flamboyante que celle de Rimbaud. Je fus très fier, longtemps après mes études de droit, de me prêter, pendant deux ans, à des études universitaires de psychologie (c'était la psychanalyse qui me passionnait). Si ça ne m'a pas servi pour moi-même (principe du cordonnier mal chaussé), paradoxalement cela m'a donné plus d'acuité dans la perception de ces personnages plus torturés que l'Art, la littérature ont produit.
C'est sans doute pour cela que j'ai peut être pu ressentir (mais je me trompe peut-être ?) ce que fut à ce moment (et pendant toute sa vie d'ailleurs) le mal être de Paul Verlaine.
Ah....la page déchirée !!!! Elle n'a jamais existée. C'est un produit de mon imagination pour introduire le poème (sourire). Il n'y avait pas de message à faire passer. Juste imaginer l'hypersensibilité de Verlaine.
Amitiés et beau week-end à toi, Debbie. Philip.

debbie le samedi 10 mars 2018, à 16:23

Bonjour Philip,

Je pense que cet exercices était super bien réussit dû au fait que tu arrives à faire ressentir cette sobriété émouvant, car l’essentiel d’un poème est ce qu’on y ressens à la lecture et quand on arrive à faire ressentir ce même genre d’émotions que ce grand poète c’est qu’en quelques part, le but est atteint. Ah mais c’était bien l’idée de la page déchirée ! Mais elle n’existe vraiment pas ??? Tu m’as bien eu au final à me donner envie de la lire *rire *
Bonne fin de journée Philip et encore merci pour cette charmante lecture.
Amitié
Debbie

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