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Écrire sur Louis XI ou sur les Pharaons
Ne présente aucun risque, aucune conséquence
Et même si l'auteur émet une opinion
Tout le monde s'en fiche, on sait tout à l'avance
Or il existe encor quelques célébrités
Qui jalonnent l'histoire avec des cicatrices
Et celui qui ce soir sort de mon encrier
M'oblige à me livrer à un dur exercice
Vous l'avez deviné il s'agit de Louis XVI
Tantôt roi vigoureux, tantôt roi indolent
Qu'on déplore sa mort ou qu'on en soit fort aise
Il ne laisse jamais les gens indifférents
Le petit Louis est né au château de Versailles
A l'été de l'an mil sept cent cinquante-quatre
L'enfant est le cadet de toute une marmaille
Que Louis Quinze, le roi, son grand-père, idolâtre
Hélas, son frère aîné meurt de tuberculose
Voila Louis propulsé héritier du Dauphin
Mais le Dauphin, d'un mal, dont on ne sait la cause
Trépasse et Louis devient alors numéro un
Tout le monde à la cour l'entoure et le protège
Son grand-père et sa mère, ainsi que les savants
Lui enseignent morale, écriture, solfège
Religion, droit public, afin d'être puissant
Mais c'est l'équitation et la serrurerie
Qui restent ses dadas, au grand dam de madame
Sa mère qui, aussi, quitte vite la vie
Et réduit en peau de chagrin l'organigramme
Louis XV a soixante ans et bien que jeune encore
Ses frasques et ses deuils l'ont beaucoup affaibli
Et si la Du Barry s'occupe de son corps
L'avenir du Dauphin lui occupe l'esprit
Il lui fait épouser une belle Autrichienne
Fille de l'empereur François, premier du nom
Une cérémonie nuptiale a lieu à Vienne
Mais c'est à Versailles qu'on célèbre l'union
Quatre ans plus tard le roi tire sa révérence
Pour un monde meilleurs et cède le pays
En très mauvais état, et le peuple en souffrance
Gronde d'avoir perdu les belles colonies
Rapidement Louis XVI abolit le servage
Et pour les Protestants, il promulgue un édit
Qui met fin à leur guerre et ses nombreux ravages
Puis la torture, enfin, son altesse interdit
Mais le roi sent monter une sourde colère
De ses sujets auxquels le bonheur il promet
Mais ça ne suffit pas aux révolutionnaires
Qui prennent la Bastille, un quatorze juillet
Bientôt le souverain se sent pris en tenailles
Entre les partisans et puis ses courtisans
Mais ne sachant choisir, il doit quitter Versailles
La cocarde épinglée sur son beau chapeau blanc
Et puis un beau matin, las de ce sacerdoce
De sa prison dorée, en cachette, il s'enfuit
Mais à Varennes on reconnaît le carrosse
Alors sous bonne escorte il regagne Paris
Le vingt avril suivant, le pays entre en guerre
Contre les Autrichiens, et aussi les Prussiens
Louis XVI au fond de lui secrètement espère
Qu'elle sera perdue, pour retrouver ses biens
Oui, mais les Parisiens voulant montrer l'exemple
Arrêtent sur le champ le roi qui a trahi
Manu militari, ils l'enferment au Temple
Puis, quelques temps après, à la Conciergerie
Son procès se déroule à l'hiver de l'An Un
De la toute première et jeune république
Face à la Convention, l'orgueilleux souverain
N'est plus qu'un citoyen aux crimes monarchiques
Malgré ses défenseurs et quelques bonnes âmes
Coupable est reconnu le pauvre Louis Capet
Alors pour le punir l'assemblée le condamne
A être exécuté le vingt et un janvier
Je vous l’avais bien dit, c’est une histoire triste
Que de faire mourir un roi sur l’échafaud
Je ne suis pas chauvin, pas plus que royaliste
Mais deux siècles après, j’ai encor le cœur gros
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