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La peur paralyse mes membres
Je suis sourde, aveugle au monde
La peur m'inonde
Muette aussi, car il n'y a pas grand monde
Pour me comprendre
L'ange déchu tombe du Ciel au sol
Et meurt, sans son auréole
L'homme, déçu, monte seul au Ciel
Il meurt, sans auréole
Mes plaies viennent du temps qui coule
Du temps qui s'écoule
Du temps qui s'écroule
Du sang coule, mais ce n'est pas le mien
« Ce n'est pas moi qui meurs »
Du sang coule, des gens s'écroulent,
Des vies s'écourtent
Mais ce n'est pas la mienne
« Ce n'est pas moi qui meurs »
Chaque homme qui meurt est le reflet de mon avenir
Chaque homme qui s'endort réveille en moi la peur de mourir
Chaque jour se répète différemment
Chaque nouveau jour de vie
Est un jour de vie perdu
Je peuple le vide absolu
De rêves déviants, d'idées vivantes
De théories rassurantes
Et chaque nouveau jour de vie
Est un jour vide
Quand l'automne vient,
Mon esprit perd ses feuilles
L'hiver et les fêtes approchant,
Mon cœur décroche
A mes proches, je dis « du vent ! »
Moi, qui suis pourtant déjà si loin,
Emportée par les courants aériens
De l'égo, le sourire est le miroir
De l'âme, les larmes sont le parloir
Et de la prison de mon être,
Mes proches ne voient que les fenêtres
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