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Question pour un champion : je mesure six pieds
Je porte le collier, je suis duc d'Angoulême
On me prétend d’ailleurs être un roi chevalier
Et j’ai la salamandre en manière d’emblème
Entre Fontainebleau, Chambord, Plessis-Lès-Tours
J'ai vécu pleinement une bien belle époque
Où l'on faisait la guerre entre deux nuits d'amour
Et l'on faisait ripaille entre deux coups d'estoc
Je suis né à Cognac, de Charles d'Angoulême
Et Louise de Savoie, des parents qui s'aimaient
Une fin d'été en fin de siècle quinzième
Au temps où Charles VIII, sur le pays, régnait
Mon pauvre père meurt quand je n'ai pas trois ans
C'est ma mère qui veille à mon éducation
Lorsque une année plus tard, accidentellement
Décède Charles VIII, ouvrant mon horizon
Louis XII, mon cousin, le nouveau roi de France
Chez lui nous fait venir, ma sœur, ma mère et moi
Non pas parce qu'il m'aime avec effervescence
Mais sur la voie royale, on m’évoque déjà
Claude est la très jolie fille du roi de France
Dont je tombe amoureux dès l'âge de douze ans
Celui-ci l'apprenant aussitôt nous fiance
Pour la simple raison que c'est sa seule enfant
D'ailleurs sa belle, tendre et gentille compagne
Ne pourra plus jamais lui donner d'héritier
Puisqu'au mois de janvier dame Anne de Bretagne
A moins de quarante ans part pour l’éternité
En mil cinq cent quatorze, à tout juste vingt ans
A Blois, Claude devient mon adorable épouse
Puis, après avoir fait sceller son testament
Pour l'au-delà s'en va le brave roi Louis XII
Je deviens roi de France au Jour de l'an suivant
Et quelques temps après, je me fais oindre à Reims
Avant d'être l'illustre héros de Marignan
Où le seigneur Bayard fait chevalier son prince
Ces guerres d'Italie illuminent la France
Font resplendir Paris et sur les bords de Loire
S'élèvent des châteaux comme une Renaissance
Où vient se reposer un certain Léonard
Vous vous demandez bien pourquoi barbe, je porte
Alors que mes prédécesseurs la délaissaient un peu
C'est pour cacher au monde un lambeau de peau morte
Dû à un bout de braise reçu au cours d'un jeu
En mil cinq cent vingt-cinq, je suis en Italie
Que je veux conquérir, mais qui résiste fort
Au sortir de l'hiver, aux portes de Pavie
Je suis fait prisonnier et La Palice est mort
Transféré à Madrid, l'empereur Charles Quint
Contre ma liberté exige la Bourgogne
Ce que par un traité, de mon auguste empreinte
Avec célérité, je signe sans vergogne
Une fois au pays, le traité est caduc
Car notre parlement est revenu dessus
Et pour tout couronner, je m'allie au Grand Turc
Histoire de calmer l'Empereur fort déçu
Mais Charles est bon prince et pour me consoler
De mon récent veuvage, en ami me propose
De m'unir à sa sœur, trentenaire attardée
D'ailleurs dans le traité, s'en était une clause
Pendant presque dix ans mon bien amé beau-frère
M’empêche tout le temps de guerroyer en rond
Il me faut m’associer à Henri d’Angleterre
Pour que Charles s’occupe enfin de ses oignons
Malgré mes sympathies pour les idées nouvelles
Celles des protestants par-dessus tout m’irritent
Je ne supporte plus Luther, Calvin, Farel
Qui ont dévoyé jusqu’à ma sœur Marguerite
J’ai cinquante-trois ans, mais je suis un vieil homme
J’ai trop croisé le fer, trop couru de jupons
Maintenant je m’en vais, je pars pour un long somme
Je suis François Ier, je suis votre champion
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