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Certains criaient "Tais-toi!" avec des bruits d'usine.
D'autres montraient le poing, réclamant un fusil.
Je sais qu'on a tressé des couronnes d'épines.
L'un a dit :"Clouons-le de suite au pilori".
Refrain
On peut tuer tous les poètes
On n'empêchera pas pourtant
Que se mélange dans les têtes
Aux bruits des peurs celui du vent.
Les bottes des soldats résonnaient sur la place.
On a cherché un arbre, un gibet, une croix.
Un monsieur important a crié :"Sale race !"
Et la foule imbécile a suivi cet air-là.
Il chantait le poète. Et sa voix portait claire.
Quelque part un enfant a repris son couplet.
Lorsque quarante bras l'ont extrait de sa chaire
En mourant il a dit :"La moisson va lever."
Il est mort maintenant le fol qui tant dérange.
Mais haute dans la nuit résonne sa chanson.
Et son étoile au ciel que fait reluire un ange
Brille de mille feux. Le poète a raison.
Dernier refrain
On peut tuer tous les poètes
Mais on n'empêchera jamais
Que le vent souffle à la planète
Ce mot terrible :"Liberté."
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