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L'ENFANT QUI BRULAIT SES CERFS-VOLANTS

le samedi 05 décembre 2015, à 18:59. Posté par Philip de Berg


    Le hasard a forgé dans les plis de son rêve,
    Le parfum palpitant des tous premiers instants
    Où l’aube se méprend et vient rompre la trêve,
    S’empare d’un frisson aux contours éclatants.

    L’enfant n’est déjà plus cet ange qui sommeille,
    La caresse du jour a brouillé sa douleur.
    Et quand le souvenir murmure à son oreille,
    Comme un sot confident, son cri dominateur,

    Ses regrets obligeants, une étrange musique
    Abrège son tourment qui bien soudainement
    Efface sa pâleur et sa Foi amnésique,
    D’un souffle langoureux qui meurt fiévreusement.

    Un soleil affaibli qui dessine les doutes,
    Reflète dans ses yeux les rythmes grelottants
    Des premiers chants d’hiver, des caresses absoutes
    Qu’il n’a jamais connu aux tous premiers instants.

    Alors, son cri muet qui sonne comme un lâche
    Abandon de l’espoir, fait ployer la grandeur
    Des géants sans honneur, et sous ses plaies se cache
    Un sombre apaisement maquillé de pudeur.

    Quand bientôt l’âpre éclat de la grève incertaine,
    Ira mourir enfin comme des courtisanes
    A l’impassible amour, à la chair inhumaine,
    L’enfant blessé et fier, sous de pauvres arcanes,

    Reprendra le chemin de ses pauvres chimères.
    Ses vaisseaux de papier qui défiaient l’horizon,
    Rejoindront le néant sous les flammes légères,
    Qu’un cœur bien trop brutal brûlait comme un poison.
    …………………………………………………………………
    On a tous dans le cœur, un peu de sang séché,
    Une larme oubliée.

    (Illustration musicale : 4ème Gnosienne - Erik Satie
    https://www.youtube.com/watch?v=UrYnnmyswoQ

    Illustration : photo Philip + une des très rares photos de moi, enfant)

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
Atarax le samedi 05 décembre 2015, à 19:24
j'aime énormément les figure de style que tu a employé pour ce texte très touchant et métaphoriquement très parlant. merci!


http://www.mespoemes.net/matile/

Ivy le samedi 05 décembre 2015, à 21:09
Coucou Philip,
C'est drôle, en voyant seulement le titre je me suis demandée si le texte parlerait de toi. Des métaphores poignants en effet !
Bisous

guillaume le samedi 05 décembre 2015, à 22:08
bonsoir phillip,tres beau poème,et très touchant.tes poèmes sont parfumés d'une grande beauté.j'admire ton imagination,sincèrement.viens sur mon site,s'il te plait,merci beaucoup.http.//www.mes poèmes.net/funky571/

Philip (JARDIN DE LUNE) le dimanche 06 décembre 2015, à 08:26
Pour ATARAX :
Merci infiniment, ami poète, d'être passé me commenter. En effet la métaphore est un des "outils" que j'utilise pour écrire. J'en fait usage souvent par l'utilisation de groupe nominaux à l'association parfois inusité de mots. Ici, ils servent un feeling que j'ai voulu à la fois pudique et teinté d'un expressionnisme léger. A défaut d'une structuration - volontaire ou inconsciente - de l'idée, dans mes écrits, je laisse dérouler le sentiment, habillé de façon juste allégorique. Je te remercie d'avoir aimé ce poème. Amicalement. Philip
(PS : cette photo d'enfance a été prise pas très loin de ta région, car une partie de ma famille, du côté maternel est du canton de Vaud, Porrentruy, plus exactement)
www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip (JARDIN DE LUNE) le dimanche 06 décembre 2015, à 08:39
Pour IVY :
Coucou ! Oui mais toi, tu me connais un peu, comme les autres ami(e)s. Ce n'est pas évident de faire bon usage de la pudeur dans l'écrit. Je ne sais donc pas si l'exercice est bon ou passable. Le titre, et donc l'idée du poème (bien que les cerfs-volant - les vaisseaux de papier - n'apparaissent qu'à la fin de façon métaphorique et allégorique) m'est venu instantanément. Hélas, j'avais peu de temps, avant d'aller dans une soirée, et il a fallu mettre les bouchées doubles pour boucler le poème sans trop le bâcler (les puristes verront que j'avais fait un effort pour arriver à terminer l'écrit comme un bon classique, mais que je n'ai pas disposé du temps nécessaire pour y remédier (notamment au niveau de la variation des alternances des fins d'alexandrins. Pas grave). Je te souhaite un bon dimanche, Ivy. Kissous. Philip

Pour GUILLAUME :
Je suis revenu ici à de l'écriture poétique qui me ressemble plus dans mon expression romantique. Les deux derniers posts "américains" sont certes mon côté plus moderne et rock, mais c'était un peu, une de mes exceptions d'écriture que je m'autorise de temps en temps. Mon imagination ? Elle vient du regard, de l'écoute, de ma pensée qui bouillonne en permanence et "attrape" des images qui passent. Comment ai-je eu soudain l'idée du titre du poème "l'enfant qui brûlait ses cerfs-volants" ? Je ne saurais te dire. Ce n'était pas l'heure de l'écriture, je devais partir d'ici peu, je me suis précipité à l'ordi et ai décidé que ça serait un poème.
Voilà, je te remercie de venir régulièrement me commenter, Guillaume. Amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

domi/amimots le dimanche 06 décembre 2015, à 09:22
merci Philip pour ce texte...
le titre est génial, en lui-même il contient une charge émotionnelle.
je relève ces trois vers qui tout en simplicité (donc pudeur) parviennent à émouvoir et à exprimer facilement :
"Un soleil affaibli qui dessine les doutes,
Reflète dans ses yeux les rythmes grelottants
Des premiers chants d’hiver, des caresses absoutes "...
encore merci,
grrrros bisous/miaou

louis le dimanche 06 décembre 2015, à 09:58
Cher ami,
J'ai retrouvé dans ton texte comme une évocation du "Petit Prince" de Saint Exupéry. L'illustration musicale s'harmonise de surcroît parfaitement avec le poème, en rehausse l'allégorie et cette espèce de nostalgie qu'accompagne si exactement le tempo de Satie. J'adore ces notes qui m'ont toujours essoré l'âme jusqu'à la chair de poule.
Merci pour ce cadeau.

José le dimanche 06 décembre 2015, à 12:18
Beaucoup d'émotion (et dès ce très beau titre) en te lisant...
Même si la trame est luxurieusement amenée comme tu aimes à écrire tes poèmes, elle se résume à cet essentiel 'l'enfant blessé et fier' qu'en pudeur tu nous dévoiles.
Amitiés

belespoirs le dimanche 06 décembre 2015, à 17:49
bonjour Philip !
j'ai trouvé ton poème émouvant et beau merci de ton partage si touchant ! Amitiés mon ami poète

bluegirl le lundi 07 décembre 2015, à 14:36

Un poème étonnant, car tu parles de toi et développe cette maxime "on a tous dans le cœur un peu..."
Entre évocations de ta sensibilité particulière et les stigmates qui y ont contribué, un poison insidieux qui atteint le cœur.
Satie illustre bien ces vers que tu as soigné.

Bises, Lola.
mespoemes.net/bluegirl


Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 07 décembre 2015, à 19:01
Pour LOLA :
Merci pour ton com délicat. Ce que tu appelle la "maxime", oui, tu le sais, c'est une formule à moi, que j'utilise assez régulièrement pour terminer certains de mes poèmes perso. J'avais trouvé la formule délicate et elle exprime bien, de façon poétique, ce que l'on peu ressentir de ces choses qui ne quittent jamais notre être et reviennent de temps en temps. Oui, tu l'as exprimé, différemment (un poison insidieux qui atteint le coeur).
José pense que j'ai écrit avec pudeur. Je n'en suis pas persuadé, car parler de soi exige énormément de pudeur, et je ne sais si j'y ai réussi.
Et puis ces stigmates, je mesure qu'elles sont sans doute à l'origine des quelques erreurs que j'ai pu faire dans ma vie. Mais c'est comme ça, on peut rien parfois. Merci encore de tes quelques mots qui m'ont touché. Bises et bonne soirée, Lola. Philip

Pour BELESPOIRS :
Merci à toi aussi d'avoir été émue de mes quelques vers personnels. Tout est en métaphore dans mon poème. Pas trop difficile d'en avoir écrit les mots, mais très difficile de l'avoir exprimé. Pour l'anecdote, je n'ai guère que 3 photos de moi, enfant. C'est très dur d'avoir ce coup de gomme sur les premières années de ma vie. Amitiés sincères. Philip.

Pour JOSE :
Sans mettre trop de superlatif, cher José, la trame n'est pas forcément luxurieuse, mais soignée pour la circonstance. Pas facile d'aligner une succession de métaphores pour rester dans un minimum de pudeur. Peu d'ami(e)s sur le site connaissent les détails de mon enfance, mais c'est vrai, c'est l'histoire d'un enfant "fier et blessé". La blessure, des années après on fait avec, la fierté est que j'ai eu cette chance extraordinaire d'avoir eu une place bien honorable dans la vie et un bonne sociabilité. J'en mesure l'avantage. Merci, José. Amitiés. Philip.

Pour LOUIS :
Oui, maintenant que tu le dis, il y a un peu du Petit Prince, mais un petit prince plus fragile, mais tout aussi utopiste. Mais, l'évocation du Petit Prince a des résonances douloureuses pour moi. Il me suffit, cependant, de n'y voir que la belle symbolique de St-Ex.
La musique ? Pour l'anecdote, très pressé par le temps, il me fallait très vite trouver une illustration musicale.
J'ai pensé à la 4ème Gnosienne de Satie, moins connue. Et puis, les Gnosiennes ont plus de profondeur d'âme que les Gymnopédies, par exemple (et d'ailleurs, il m'est plus facile de jouer les gnosiennes, juste une question de ressenti). Merci d'avoir aimé et le poème et la musique. Amitiés. Philip.

Pour DOMI (Amimots) :
Eh oui, le titre, avant de lire le poème, est propice à une chargé émotionnelle. Le lecteur ne peut y voir que quelque chose de douloureux à travers un enfant qui va détruire un jouet symbolique. Tout cela est bien entendu métaphorique.
Et merci d'avoir trouvé de la pudeur que tu as décelé dans les vers qui t'ont le plus parlé. Bisous et amitiés, chère Domi. Philip.

Un grand merci à tous pour la délicatesse de vos commentaires.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

domidom le mardi 08 décembre 2015, à 21:02
C'est vraiment trop joli, le viens juste de le découvrir, et c'est avec beaucoup d'émotion que je l'ai lu, relu et de nouveau relu, il se dégage de cet écrit quelque chose de profond, d'indescriptible, un sentiment qui chavire le cœur...
En plus, presque parfait....
Bises, Domie...

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