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Ils ont trouvé l’âtre désert
Longtemps qu’on n’y fait plus de feu
Se sont assis devant chez nous
Croyant qu’on ferait bon accueil
Ils n’ont pas posé leurs manteaux
De peur qu’on voit les cicatrices
Au torse ou bien dans le cœur
Ils ont à peine murmuré
De peur qu’on n’entende l’accent
De haine et de déchirement
Qu’ils mettent en leurs moindres mots
Ils ont regardé méchamment
Les frêles allures de nos enfants
Plus rien ne leur disait que vaille
Dans notre terre d’illusions
Ils savent bien notre insouciance
Nous savons leur indifférence
Sûr qu’on aurait dû veiller
Faire du feu Monter la garde
Fourbir nos armes et nos idées
Ne pas nous penser impunément
Frères et sœurs gardiens de l’aube
Ne laissons pas la nuit des ogres
S’emparer de nos habitudes
Nous sommes ce que nous devions être
Il est trop tard pour regretter
Mais ceux-là savent nos exils
Qui viennent à ce jour nous hanter
8 décembre 2015
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