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Je ne puis croire que la Seine dont souvent tu as chanté les vertus
ait pu un jour entrainer ta chère fille tout au fond de son vaste lit,
que sa douce voix matinale dans ta chambre sereine se soit à jamais tue
et qu’il te faille désormais tenter de vivre sans ses doux et merveilleux plis…
Je sais ta douleur, ta solitude en ces moments où blanchit la campagne,
je sais le froid qui te brouille la vue, te glace les mains et tes pieds trempés
en cette aurore pâle qui tente en vain de percer l’immensité d’un ciel noir et épais
tandis que, de neige aveuglés, tes yeux las affrontent, de la bise, l’horrible hargne…
Dans la nuit noire et profonde, tu ne désespères pas de pouvoir enfin la retrouver.
Cet ange qui, par ses tumultes matinaux, t’inspira pourtant tes plus belles proses,
je l’ai vue, sur mon pupitre d’écolier, froissant entre ses mains chargées de roses
maintes pages blanches où pourtant venaient, altières, s’inscrire tes plus belles couvées !...
Demain, dés l’aube…je serai là, dissimulé derrière ta cabane pauvre mais bien close,
je serai ton ombre fidèle, je te suivrai tel un ruisseau longeant un gigantesque fleuve,
comme aux pieds d’un immense et vieux chêne vient se nicher une fleur à peine éclose,
guettant un son, un murmure de ta bouche car c’est de ta muse que ma muse s’abreuve…
À l’heure où blanchit la campagne, sans doute, parviendrai-je à sa tombe avant toi,
j’aurai beau chercher, je sais, je ne saurai où trouver du houx vert et la bruyère en fleur…
De mes mains, je la débarrasserai de la neige et des feuilles mortes venues de Harfleur
avant de frotter sa pierre blanche pour qu’en t’y allongeant tu ais beaucoup moins froid…
Pour qu’elle sente que tu es là, tout prés, comme au temps où sur ton lit elle chantonnait,
quand, à travers la fenêtre ouverte, vous parvenaient les effluves de son dernier printemps
alors que tout en composant tes vers tu contemplais ses arabesques folles sur tes pages griffonnée
et que, durant leur envol, des anges venus du ciel pleurèrent cette scène l’espace d’un instant…
J’aspire être parmi tes amis qui, les soirs d’hiver, causent doucement au coin du feu,
et puis connaitre l’enfant grec, les misérables et ces saisons des semailles les soirs d’été…
je rêve de connaitre cette vie simple et riche d’amour où l’on est tellement content de peu
et où le houx vert et la bruyère en fleur émettront à jamais les senteurs enivrantes de l’éternité !...
Slim le poète.
Ce poème, composé à la mémoire de Victor Hugo, m’a été inspiré par ses deux poèmes : Demain dès l’aube et Elle avait pris ce pli…
Beaucoup de passages de mon écrit sont empruntés à ces deux poèmes.
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