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Il est long son chemin, long comme un jour de peine,
Une peine sans fin qui lui saigne le cœur,
Le gonfle de chagrin, le tue et puis l’entraîne
Dans la fuite en avant vers l’horizon trompeur.
Il est lourd son chemin, bien plus lourd que la chaîne
Au cou du condamné, paralysé de peur,
La clepsydre du temps goutte après goutte égrène
Au milieu des cailloux les épis du malheur.
Il croit toucher au but, mais celui-ci recule,
Et la lune déjà sourit au crépuscule,
Dans un vol de corbeaux, son espoir s’est enfui.
Les Ombres du Destin comme des serpents rampent
Vers l’eau noire du Styx, se penchent et s’y trempent ;
Alors il voit le vieux Charon venir vers lui.

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