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Lamartine de Prat, c’est ainsi qu’il se nomme
Il est enfant des Roys [c'est le nom de sa mère]
Pas facile à porter quand on est gentilhomme
Et qu'on vit en pleine ère, air révolutionnaire
Aussi il raccourcit, passez-moi l'expression
Patronyme, prénoms et titres de noblesse
Car en contrepartie, Dieu lui aura fait don
De taquiner la muse avec délicatesse
Il passe son enfance à se trouver un style
A l'école à Milly, au collège à Belley
Lisant Chateaubriand, Horace ou bien Virgile
Écoutant les sermons d'un curé soupe-au-lait
A vingt ans il s'en va tout seul en Italie
Là, il tombe amoureux d'une fille aux yeux verts
Il lui dédicace de telles élégies
Qu'il la délaisse à trop lui écrire de vers
Je ne sais si Alphonse avait un corps d'athlète
Car quelques temps après, phénomène insolite
En mil huit cent quatorze, on voit notre poète
Garde du corps de sa majesté Louis XVIII
Ça ne dure qu'un temps car quand Napoléon
Revient de l'Île d'Elbe, il retourne au pays
Et durant les cent jours, l'artiste se morfond
Déclamant son ennui dans les rues de Milly
Victime de langueurs en l'an mil huit cent seize
Il part pour la Savoie y rechercher l'amour
Mais la belle, dont il est chaud comme la braise
Atteinte de phtisie, meurt après quelques jours
Profondément marqué par cette mort tragique
Il en écrit un livre, un recueil de poèmes
Tellement émouvant, tellement romantique
Que le succès enfin l'arrache à sa bohème
Lors, les femmes en fleurs, aptes au mariage
Découvrent chez l’auteur l’idéal compagnon
Lui, n’a plus qu’à choisir dans cet aréopage
Celle qui guidera son imagination
Mary Ann Elisa est l’élue de son cœur
Il l’épouse au printemps de l’an mil huit cent-vingt
Et bien que née dans la cité de Westminste[u]r
Le mariage se tient dans le pays Alpin
Durant ce même temps, le poète publie
D’autres « Méditations », dont « La mort de Socrate »
Où l’antique grandeur de son orfèvrerie
Fait que l’Académie Française le convoite
Candidat malheureux à la députation
À l’époque de la Monarchie de juillet
Il s’en va raffermir ses pieuses convictions
A l’autre bout de la mer Méditerranée
Dès son retour en France, il écrit un ouvrage
Intitulé « Voyage en Orient », simplement
Vaste panorama de son pèlerinage
Ou prose et poésie entremêlent leur chant
Dès son retour en France il écrit un ouvrage
Intitulé "Voyage en Orient", simplement
C'est un panorama de son pèlerinage
Ou prose et poésie entremêlent leurs chants
A quarante-trois ans il est enfin élu
Député du canton de sa ville natale
Et puis, l'année ou meurt le souverain déchu
Il devient président du Conseil général
A la chute du roi Louis-Philippe premier
Alphonse Lamartine entre au gouvernement
Juste le temps pour lui prestement de signer
La fin de l'esclavage et de ficher le camp
Car Louis-Napoléon vient de se faire élire
Président de la République troisième
Et quand est couronné ce prince par l'empire
Lamartine n'est plus que l'ombre de lui-même
Sa générosité, son goût pour les domaines
Le ruinent peu-à-peu, il voudrait se refaire
Retrouver le cachet de ses œuvres anciennes
Mais ses nouveaux écrits ne sont qu'alimentaires
Trois titres cependant sont extraits de la cendre
"Graziella", "Raphaël", "La vigne et la maison"
Mais ça ne suffit pas, endetté, il doit vendre
Ses terres de Milly et quitter la région
Il s'installe à Paris et vit d'une pension
Que lui fait obtenir l'Empereur qu'il déteste
Il meurt presque oublié, et dans la discrétion
S'envole le génie, mais le souvenir reste
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