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Buffalo Bill revisité (1846-1917)

le mercredi 16 décembre 2015, à 08:24. Posté par Michel Ernest


A quelques heures près, cent années avant moi
Aux confins des U.S., près de Kansas City
Est né le plus connu d'entre tous les cow-bois
Monsieur Buffalo Bill, William Freddy Cody

Son père s'est fait tuer d'un coup de revolver
Tandis qu'il haranguait les pro-esclavagistes
Alors sa mère et lui s'enfuient de cet enfer
Pour ne pas devenir les prochains sur la liste

L'orphelin a onze ans, il est très travailleur
Il convoie les bestiaux et livre des trésors
A quatorze ans il est messager-éclaireur
Et participe même à la ruée vers l'or

Vient la guerre civile où il guide l'armée
Contre les Kiowas, les Comanches, les Sioux
Lors les Tuniques bleues veulent l'embrigader
Mais porter l'uniforme, il n'en a pas le goût

Il part se marier à Saint Louis, Missouri
En mars de l'année mil huit cent soixante-six
Sa promise a pour nom Louisa Frederici
Et Kit Carson sera le parrain de son fils

Il reprend le collier pour les Chemins de fer
Qui le rétribuent à chasser le buffalo
Dont la peau, les os et la délicieuse chair
Sert à vêtir et à nourrir les cheminots

Buffalo Bill, alors, ces derniers le surnomment
Car il tue proprement dix-huit bisons par jour
Défenseur des indiens, le talentueux jeune homme
Dans la saga de l’Ouest entre alors pour toujours

Il intègre l’armée vers trente ans, à peu-près
Et prend part aux combats, qu’ils soient gagnés, perdus
Son courage est si pur qu’il reçoit du Congrès
La Médaille d'Honneur pour services rendus

Au cours de l’année mil huit cent soixante-seize
Pendant une bataille, il se bat à main nue
Contre un grand chef indien, et de grâce mauvaise
Pour conserver la vie, d’un coup de poing, le tue

Quand la guerre prend fin, on le porte au pinacle
Au théâtre, il s’essaie, mais d’un succès modeste
Avec un associé, il produit un spectacle
Qui retrace la vie des conquérants de l’Ouest

Une tournée s’ensuit dans toute l’Amérique
Partout c’est un triomphe, une consécration
Puis la troupe au complet traverse l’Atlantique
Pour enchanter Londres, Paris, Marseille et Lyon

De retour au pays, après quelque répit
L’armée fait de nouveau appel à ses services
Afin de ramener l'ordre dans les tipis
Et faire respecter la très blanche justice

A cinquante-neuf ans, il repart en tournée
Dans la France profonde et surtout à Paris
Lorsque sous les regards par millions éberlués
Près de la tour Eiffel, court la cavalerie

Quelques années plus tard, près d’un parc naturel
Appelé Yellowstone, au sud-est des Rocheuses
Il fait construire un lodge, un genre de motel
Mais au marteau-piqueur, c’est sa tombe qu’il creuse

Car, inapte à gérer le fruit de ses recettes
Sa fortune amassée lui pèse tout-à-coup
A soixante-dix ans, en mil neuf cent dix-sept
Il regagne les plaines du Grand Manitou

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