|
Quand nous serons bien vieux et que notre chandelle
Sera près de s’éteindre au souffle de nos ans,
Il m’importera peu de compter les printemps :
A l’aune de mes yeux, tu seras toujours belle.
Nos cheveux seront blancs, à nos fronts quelques rides
Marqueront les sillons de nos jours de bonheur,
Mais toujours j’aimerai retrouver la douceur,
L’extrême pureté de tes regards candides.
Et s’il m’arrive un soir de te trouver morose,
De voir tes yeux couverts d’un voile de chagrin,
Alors, comme autrefois - souviens-toi du quatrain -
Je te dirai : « Mignonne, allons voir si la rose… »
Nous partirons tous deux, ta main serrant la mienne,
Oh ! bien sûr en marchant d’un pas plus lent qu’avant,
Nous asseoir dans le parc, sur notre petit banc,
Et là, nous attendrons, sereins, que la nuit vienne.
Mes mots seront joyaux que je monte en parures,
En colliers de tercets, rivières de quatrains ;
Je ne puis espérer pour eux plus beaux écrins
Que tes émotions lorsque tu les murmures.
|