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Il ne sait lui parler, sa pudeur fait barrière ;
Faire une confidence ! Il est épouvanté.
Oui, c’est un grand timide, il se cache derrière
Un petit arlequin, faux héros, inventé.
Il compose des vers : ballade, villanelle,
Madrigal et sonnet, il y met tout son cœur,
Mais quand vient le moment de les dire à sa Belle,
C’est sous cet autre nom qu’il désigne l’auteur.
Non, il ne se plaint pas. Mais cependant il souffre
De ne jamais oser étaler au grand jour
Le brasier dévorant qui le mine et l’engouffre,
Pour celle qui, pourtant, devine son amour.
Chacun d’eux a proscrit de franchir la limite
Qui ferait que leurs jeux ne soient plus innocents ;
Non, ils n’entreront pas dans la zone interdite
Car ils ont la fraîcheur de deux adolescents.
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